communiqué ANCMSP/AECSP sur le concours CNRS section 40‏

Concours de recrutement au CNRS : l’AESCP et l’ANCMSP s’interrogent sur les conditions de sélection des candidat-e-s admis-es à être auditionné-e-s dans la section 40 du CNRS.

Pour la session de recrutement 2014 du CNRS, le nombre de candidat-e-s « admis-es à poursuivre » en CR2, autrement dit à passer l’audition devant le jury de la section 40, est de 114 sur 212 candidat-e-s admis-es à concourir au départ. Autrement dit, 47% des admis-es à concourir ont été éliminé-e-s. Rappelons qu’il y a 4 postes ouverts au concours.

Que s’est-il passé ? Habituellement, ce taux est bien moins élevé. En 2013, 247 candidat-e-s étaient admis-es à concourir et 200 à poursuivre (pour 6 postes), soit 20% de candidat-e-s éliminé-e-s. Ces dernier-e-s l’étaient alors pour des raisons strictement administratives (pièces manquantes ou non conformes dans le dossier de candidature). Manifestement, cette année, d’autres critères ont servi à opérer cette pré-sélection.

Quels sont les critères de sélection ? Cette question en soi pose déjà problème car aucun critère de pré-sélection, excepté les critères rendus publics par le CNRS, n’ont été affichés avant le dépôt des candidatures. Ceci implique des conditions de concours peu transparentes et peu équitables.

Il semblerait en fait que trois critères ont été retenus pour sélectionner les candidat-e-s admis-es à être auditionné-e-s : la taille du projet (10 pages), le fait d’avoir un projet conforme au périmètre de la section, le nombre de publications soit 4 dont une dans une revue à comité de lecture. Si le premier critère a fait l’objet d’une recommandation dans le guide du/de la candidat-e publié par la section 40 et si le second paraît logique (bien que le périmètre de la section demeure un enjeu pour la discipline), le troisième critère en revanche nous interroge beaucoup plus.

Il relève en effet d’une logique bibliométrique : évaluer la valeur du/de la candidat-e à l’aune du nombre de publications dont il/elle est auteur-e. Le nombre de publications est-il un gage de bonne qualité scientifique du dossier du candidat ? C’est probablement un élément parmi d’autres : qualité du rapport de soutenance, qualité du projet du/de la candidat-e, activités scientifiques, etc. Mais en soi, le nombre de publications ne dit pas si ce qu’écrit le/la candidat-e est pertinent pour notre discipline. Il souligne davantage sa bonne insertion dans des réseaux professionnels.

Les années précédentes les candidat-e-s classé-e-s et recruté-e-s en CR2 avaient-ils/elles tous-tes ce nombre de publications ? Aucune étude ne le montre. Il aurait fallu à minima commencer par là. Mais on pourrait pousser l’analyse plus loin : est-ce que tous-tes les candidat-e-s recruté-e-s les dernières années avaient, lors de leur première candidature, ce nombre de publications ? En effet, peut-on sérieusement considérer qu’un-e candidat-e recruté-e lors de sa deuxième ou troisième tentative n’était pas un-e candidat-e admissible à l’oral lors de sa première tentative parce qu’il n’avait pas ce nombre de publications ? Ce type de critère ne peut pas fonder la base d’une pré-sélection des candidat-e-s au CNRS.

Nous savons que le principe d’auditionner de manière large les candidat-e-s ayant déposé un dossier rend les conditions de travail du jury de la section 40 difficile. Il peut aussi, puisqu’il implique des auditions devant des sous-jurys, conduire à des conditions de traitement des candidat-e-s trop différenciées selon les sous-jurys. La pré-sélection est alors envisagée comme un moyen d’auditionner moins de candidat-e-s, mais dans de meilleures conditions. Toutefois, ceci n’est pas le cas en 2014 : la durée des auditions est similaire à celles des années précédentes (10 minutes de présentation du candidat et 15 minutes de questions) de même que la composition des sous-jurys (4 à 5 membres de la section).

Pour ces raisons, l’AESCP et l’ANCMSP invitent les membres de la section 40 du CNRS à repenser les choix qu’ils ont faits en matière de sélection et à rendre publics les débats qu’ils voudront bien engager pour le recrutement dans les années prochaines.

Un commentaire

  1. Sur la montée de l’indice bibliométrique et le déclin du lectorat: L’éclipse du savoir. L. Waters. Ed. Allia, 2008.

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