Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

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Dissolution de l’association ASPASIE à l’IEP d’Aix-en-Provence

Diffusé par l'ANCMSP le samedi 12 juillet 2008 · Imprimer

Le communiqué de l’Association de Science Politique Aixoise et de Solidarité Inter Etudiante, ses soutiens et de nombreuses réactions.

Communiqué d’ASPASIE

Association de Science Politique Aixoise et de Solidarité Inter Etudiante

“Devant le déclin de la science politique à l’IEP d’Aix, ASPASIE choisit de s’auto-dissoudre”

Lundi, à la suite d’une consultation interne marquée par une très forte participation, 95% des membres d’ASPASIE, l’association des doctorants en science politique de l’IEP, a voté son auto-dissolution. Nous souhaitons en expliquer ici les principales raisons.

Fondée en 2001, ASPASIE regroupait une trentaine de doctorants en science politique de l’IEP d’Aix, regroupés dans les laboratoires IREMAM (Institut de Recherche sur le Monde Arabe et Musulman, UMR) et CSPC (Centre de Science Politique Comparative, EA). Régulièrement présents dans la vie disciplinaire locale et nationale, les doctorants de l’IEP d’Aix n’ont pas eu d’autre choix que de dissoudre leur association. En prenant une telle décision, ils signent la fin (qu’ils espèrent provisoire) d’un collectif de jeunes chercheurs aixois. Créée pour promouvoir les activités de recherche des doctorants, leur permettre de s’entraider scientifiquement par l’organisation de séminaires et colloques, et les aider à conquérir de nouveaux droits au sein de leur institution de rattachement, ASPASIE constate aujourd’hui que les conditions de son existence et de sa participation aux activités de recherche ne sont plus réunies du fait de la quasi disparition de la science politique à l’IEP. Craignant d’apparaître comme une simple caution scientifique à une politique de recherche défaillante, nous avons pris la douloureuse décision d’une dissolution collective.

Jeune association de science politique, ASPASIE s’était impliquée dans différentes entreprises, aussi bien au niveau local que national. D’abord au travers d’activités scientifiques, en organisant des séminaires méthodologiques et de présentation de travaux de thèse, ainsi que des conférences avec des intervenants extérieurs. Ensuite en s’engageant dans les instances institutionnelles où sont évoqués les enjeux liés au doctorat et à la recherche. Ainsi des doctorants aixois ont été élus au CA et à la Commission Scientifique de l’IEP, à l’Ecole Doctorale (Sciences Juridiques et Politiques) d’Aix-Marseille III, ou au Crous de l’académie d’Aix-Marseille… Cet engagement s’est enfin déployé au niveau national, avec la présence d’aixois au sein du bureau de l’ANCMSP, et la participation d’ASPASIE aux instances exécutives de la Confédération des Jeunes Chercheurs (CJC) en tant qu’association membre, la seule association de doctorants en science politique avec l’ANCMSP à avoir adhéré à la Confédération.

La dissolution signifie donc la mort d’une organisation active qui s’est efforcée de construire une véritable identité collective, ouverte sur l’extérieur, dialoguant aussi bien avec les autres associations aixoises de doctorants (Declic, Rezodoc…), qu’avec les Master 2.

Ces activités sont aujourd’hui impossibles à mener à l’IEP d’Aix du fait du démantèlement des dispositifs de recherche internes à l’établissement.
Nous parlons de démantèlement car les évolutions que nous avons observées depuis deux ans attestent bien de la disparition de tous les moyens destinés à favoriser l’insertion des doctorants dans le champ académique. La liste est ainsi vertigineuse et nous tenons à en faire un recensement exhaustif :

Tout d’abord, les postes de titulaires en 04, indispensables à un bon encadrement des doctorants et à la réalisation d’initiatives scientifiques, sont en diminution constante depuis plusieurs années. L’ « affaire Gaudichaud » annonçait déjà en 2006 la manière dont les priorités de recrutement et les rapports de force entre la direction et les politistes allait s’établir. A cette époque, le classement établi par la Commission de Spécialistes en 04 sur un poste de MCF n’avait été validé qu’en partie par le CA de l’IEP, pour des raisons extra-scientifiques, de telle manière que le recrutement n’avait pu s’opérer sur le moment. Il est regrettable que la dénonciation publique de cette procédure, sur la liste ANCMSP, par les membres de la CS, n’ait suscité alors aucune réaction de la part des associations disciplinaires nationales. Actuellement, il ne reste plus que 5 (+1 délégation CNRS) postes en 04 sur le site, contre 9 trois ans plus tôt. Surtout, l’IREMAM, qui assurait de très nombreuses heures de cours au sein du diplôme de l’IEP et dans les master, s’est depuis retiré de l’établissement, sans que le déficit en enseignement n’ait été comblé. La baisse du nombre d’enseignants titulaires n’a pas eu comme corollaire une augmentation du recours aux vacations ; elle s’est bien accompagnée d’une forte diminution des heures de cours en science politique. Les deux postes d’ATER temps plein se sont vus dotés d’un service couvrant chacun bien moins de la moitié des 192 heures légales. De plus, une partie des heures de science politique restantes ont été distribuées à des enseignants non politistes.

L’organisation administrative de la recherche a elle aussi été largement défaillante. Le départ de la responsable du service recherche il y a deux ans, dans des circonstances qui ont été questionnées par de nombreuses personnes, n’a été compensé que tardivement. Durant une année, les doctorants n’ont eu aucun interlocuteur fixe, les attributions dévolues aux secrétaires intérimaires ayant été modifiées à deux reprises. L’organisation des inscriptions, des soutenances, la circulation de l’information, la prise en charge des indemnités chômage des ATER, ont été fortement compromises. Ainsi, à titre d’exemple, les doctorants ont gravement pâti de la déstructuration, faute d’interlocuteurs, de la procédure de financement de leurs participations à des événements scientifiques. Alors qu’une procédure claire et efficace existait auparavant, de nombreux doctorants se sont retrouvés sans possibilité de faire appel à des financements de leur laboratoire du fait de la non canalisation de leurs demandes. Pire encore, certaines promesses de financement n’ont jamais été tenues. Nombre d’entre nous ont ainsi du payer de leur poche une participation très coûteuse à des colloques internationaux de premier plan.

Les moyens de travail dont disposaient les doctorants ont été de même réduits à néant. La bibliothèque recherche du 3e cycle, qui disposait d’un fond d’environ 1500 ouvrages, a été déménagée de force, pour être incorporée dans le fond général de l’IEP. L’espace de travail et de recherche des doctorants, situé sur les lieux de la bibliothèque a été fermé pour des raisons de « sécurité », l’édifice menaçant officiellement de s’effondrer. Quelques semaines plus tard, l’espace et ses deux ordinateurs a été remis à disposition.... d’autres associations de l’établissement. Avec la disparition de l’espace recherche, ce sont aussi 4 postes à temps partiel, dédiés à la gestion des ouvrages, aux commandes d’ouvrage, à l’information des doctorants, qui ont été supprimés.

Conjoncturellement, le soutien de la direction de la recherche de l’IEP envers le travail des doctorants a fait gravement défaut, comme en témoigne l’opposition témoignée à une demande émise par un groupe de doctorants ayant rejoint un projet ANR. Celui ci exigeait simplement l’usage, pendant une journée, de téléphones de l’IEP pour établir des questionnaires téléphoniques sur des populations habitant... Marseille. Face à ce refus, les doctorants impliqués ont été contraints de se rendre dans un autre laboratoire de recherche situé dans un département voisin.

En conséquence, les activités scientifiques en science politique au sein de l’établissement ont quasiment disparue. Il y a deux ans, il existait trois séminaires de recherche. Aujourd’hui il n’en reste plus aucun. Quant aux manifestations diverses (colloques, journées d’études…), elles ont subi le même sort. Seule l’école d’été continue d’exister, mais peu utile pour les doctorants et délaissée par les enseignants, elle est dorénavant largement plébiscitée par les autres disciplines et ne conserve de « politique comparée » que le nom.

C’est face à constat d’un authentique gâchis qu’ASPASIE a préféré se saborder, devançant de quelques mois la disparition du CSPC. Celui-ci doit en effet fusionner au sein d’un laboratoire pluridisciplinaire, dont il fournira l’essentiel du financement (le CSPC étant le seul labo accrédité comme EA, c’est donc lui qui permet au futur labo d’obtenir la reconnaissance ministérielle), sans qu’un seul de ses axes de recherche ne soit officiellement reconnus au sein de la nouvelle structure.

L’avenir des doctorants aixois est désormais incertain. Depuis deux ans, ils ont commencé à former une véritable « diaspora », de Nice à Lille, de Lyon à Amiens. L’IREMAM s’étant désengagé de l’IEP, ses doctorants s’inscriront à la rentrée directement à l’Université Aix-Marseille III ; d’autres doctorants, s’ils ont la possibilité de le faire, rationaliseront leur exil géographique en exil universitaire par une inscription administrative dans un autre établissement.

Par cette mesure d’auto-dissolution, nous désirons attirer l’attention des acteurs de la recherche en science politique et du monde universitaire. Notre démarche n’est fondée sur aucune revendication. Nous ne demandons rien, car nous savons que la situation actuelle est telle que nous ne pouvons plus rien obtenir. Nous ne pouvons cependant nous empêcher de penser qu’une discipline organisée et mobilisée était en devoir de réagir. Les mobilisations de jeunes chercheurs sont inopérantes, si elles ne sont pas soutenues par les enseignants-chercheurs titulaires.

C’est pourquoi, nous tenons à interpeller notre discipline sur les leçons qu’elle doit tirer de l’épisode aixois. Elle doit impérativement considérer ces événements comme un signal d’alarme particulièrement inquiétant pour son devenir, non seulement à Aix en Provence, mais également dans d’autres lieux. Les postes et formations en science politique, en nombre important dans les universités de province, sont ainsi soumis à des menaces permanentes. Or l’extrême individualisme des sciences sociales et humaines en général, et de la science politique en particulier, met aujourd’hui en péril nos disciplines et nos conditions déjà précaires de subsistance.

Ces raisons, entre autres, nous font refuser l’étrange demande, émanant la semaine passée des autorités scientifiques de l’IEP d’Aix-en-Provence, de leur transmettre nos statuts, certainement dans l’optique d’utiliser le crédit d’ASPASIE pour combler les béances de la politique de recherche de l’établissement. Elles nous poussent, la mort dans l’âme, à faire disparaître une association qui était la nôtre. Nous avons des devoirs, sans doute, mais aussi des droits qui n’ont depuis deux ans jamais été respectés.

Fait à Aix en Provence le 25 juin 2008

A.S.P.A.S.I.E.

Communiqué de la direction de l’IEP d’Aix
Aix-en-Provence, le 27 juin 2008

ASPASIE, association de doctorants de l’lEP d’Aix qui ne fonctionne plus depuis deux ans diffuse, par un courriel dont vous avez été destinataires, quelques remarques après avoir proclamé la dissolution de la structure. Ce communiqué nous donne l’occasion de rétablir la vérité sur la science politique à l’lEP, le fonctionnement de la recherche et de la formation

doctorale. La carence d’une véritable administration de la recherche qui accueille les doctorants et les accompagne tout au long de leur cursus dans le cadre d’un projet de recherche collectif articulé est heureusement dernière nous. Al’ occasion du contrat quadriennal, les appréciations des experts ministériels quant au nouveau projet, ont été très positives alors que l’évaluation du bilan du précédent contrat était plus que mitigée. Le renouveau de l’lEP dans le domaine de la recherche a ainsi été salué. Durant l’année 2007-2008, le nouveau service de la recherche qui gère la formation doctorale (de l’inscription à la soutenance de thèse en passant par la gestion des cofinancements type bourse de doctorat, des participations aux colloques...) a été mis en place. Il diffuse très largement l’information scientifique qui lui parvient. Notre projet de recherche multidisciplinaire redéploie nos partenariats avec de nouveaux centres de recherche CNRS désormais associés à la formation des futurs doctorants. Quant à la science politique à l’Institut, elle est toujours, bien évidemment, largement enseignée. Le nombre de postes n’a pas changé depuis deux ans... Seuls les postes de deux collègues (l’un parti à la retraite, l’autre en mutation au cours de la dernière année universitaire) n’ont pas encore été pourvus. De même, deux collègues sont actuellement en détachement. D’ailleurs il n’y ajamais eu neuf postes de politistes à l’lEP mais cinq postes de professeurs et deux postes de maîtres de conférences, dont deux créés en 2006, l’un en politiques publiques et l’autre sur l’Amérique latine. En outre, le poste naguère occupé par Bruno Etienne est passé en sociologie pour permettre le développement de l’équipe de l’Observatoire du religieux.

Il y a des changements à l’lEP, des changements positifs que des combats d’arrière-garde ne remettront pas en cause. Nous multiplions notamment les conventions avec les pays du monde arabe et musulman et les organismes de recherche spécialisés en ce domaine. Nous souhaitons même aller plus loin dans la coopération scientifique et les cotutelles de thèses avec certains de ces pays. De nouveaux enseignants spécialistes des disciplines concernées viennent enrichir nos équipes. Un grand centre, le CHERPA (Croyances, Histoire, Espaces, Régulation Politique et Administrative : soixante chercheurs, quatre vingt onze doctorants), a été labellisé en mars 2008 et sa création ouvre de très intéressantes perspectives autour de 3 axes de recherche (Gouvernance et politiques publiques ; Changements culturels et mutations religieuses ; Territoires et mondialisation). L’activité colloque n’a jamais été aussi intense : Il colloques, passés ou à venir, pour l’année 2008. L’Ecole d’été qui vient de se terminer, n’a jamais été aussi fréquentée par les enseignants et les étudiants. Plus que jamais, la dimension comparative appliquée aux mondes arabe, méditerranéen et latino-américain a été réaffirmée. Les intervenants sont des politistes renommés dont certains ont exercé ou exercent encore des fonctions au CNU, au jury de l’agrégation. Elle s’internationalise. Dès l’année prochaine elle sera ouverte aux enseignants et doctorants de l’Université d’excellence de Fribourg, puis à des enseignants et doctorants américains avec lesquels nous sommes en discussion. En ce qui concerne le fonds d’ouvrages et de documents en science politique, ils ont été effectivement versés dans celui de la bibliothèque de l’lEP. Cela a facilité l’accès des étudiants de master mais aussi du diplôme, à l’ensemble des documents et des revues en ligne spécialisées (nationales et internationales). En raison du passage à cinq ans du diplôme et de la création de nouveaux masters, nous attendons le déménagement dans de nouveaux locaux en 2009 de la bibliothèque et l’installation de salles d’études et de travail dédiées aux

étudiants de master et des doctorants. Nous centrons notre volonté et nos efforts sur un objectif prioritaire : développer le soutien matériel et intellectuel aux doctorants de science politique pour faciliter l’achèvement de leur thèse et la production de publications. Il s’agit de mettre en oeuvre une politique de recherche à l’image de nos objectifs définis dans le contrat quadriennal.

Christian DUVAL, Directeur de l’lEP d’Aix-en-Provence, Directeur du CHERPA

Daniel van EEUWEN, Professeur des Universités, Directeur délégué à la recherche, Responsable de l’équipe CREALC au CHERPA

Daniel Louis SElLER, Professeur des Universités, Directeur du Master "Politique comparée" l’équipe CSPC au CHERPA

Hélène THOMAS, Professeur des Universités, Membre du Conseil National des Universités section 04

Communiqué de l’ANCMSP du 1er juillet 2008

Dissolution d’ASPASIE : un message à prendre au sérieux

L’ANCMSP prend note de la dissolution d’ASPASIE et tient à apporter son soutien aux jeunes chercheurs en science politique d’Aix, amenés à saborder l’une des associations locales de politistes les plus actives en France. Le travail associatif de ses membres a souvent été cité en exemple dans la mobilisation des doctorants et docteurs en science politique au plan national. La dissolution d’ASPASIE montre hélas que ce travail de mobilisation n’est ni valorisé, ni même soutenu au sein de la discipline.

L’ANCMSP avait déjà évoqué "l’affaire Gaudichaud" lorsque le conseil d’administration de l’IEP d’Aix, au sujet d’un poste de maître de conférences en science politique, avait uniquement validé le candidat classé premier et avait rejeté, pour des raisons dites de "géopolitique locale", la suite du classement telle que proposée par la commission de spécialistes (Système D n°21, décembre 2006). Ce signe, rétrospectivement avant-coureur des difficultés locales rencontrées par la science politique à Aix, n’avait suscité aucune autre réaction institutionnelle dans la discipline.

La défense des postes de science politique est actuellement problématique et l’évolution courante du cadre légal universitaire crée un facteur supplémentaire de fragilisation pour la discipline. Dans ce contexte, la disparition d’une structure associative de cohésion entre jeunes chercheurs est une perte collective pour l’assise institutionnelle de la science politique en France. La précarité des jeunes chercheurs, qui ne disposent que de moyens de reconversion limités et dont les conditions de travail sont souvent exécrables, va en s’accentuant.

Dans des situations critiques comme celles décrites ici, l’appui des enseignants-chercheurs et chercheurs titulaires est essentiel à la cohésion des groupes de recherche locaux. En toute vraisemblance, les graves difficultés rencontrées par les jeunes chercheurs de l’IEP d’Aix seront amenées à se reproduire dans différents sites tant que les efforts des jeunes chercheurs ne seront pas mieux soutenus par l’ensemble de la profession.

Texte de soutien des jeunes chercheurs en SHS aux jeunes chercheurs d’ASPASIE

Communiqué des jeunes chercheurs, envoyé le 2 Juillet sur la liste de l’ANCMSP

Il y a quelques jours, nous avons reçu sur la liste un communiqué d’auto-dissolution de l’association ASPASIE de l’IEP d’Aix en Provence.

Au vue des raisons ayant conduit les doctorants politistes à la dissolution de leur association (cf. http://ancmsp.apinc.org/spip.php?article646) certains jeunes chercheurs ont tenus à réagir pour témoigner de leurs solidarité.

Après avoir pris connaissance du communiqué d’auto dissolution d’ASPASIE,

Nous, doctorants et docteurs de différents laboratoires, au sein d’universités et d’instituts d’études politiques, tenons par cette déclaration à exprimer notre soutien plein et entier aux jeunes chercheurs de l’IEP d’Aix en Provence. Depuis de nombreuses années, certains d’entre nous ont pu les rencontrer, collaborer avec eux ou même être collègues. La situation qu’ils subissent est intolérable car elle met en péril la poursuite de leurs travaux dans des conditions décentes. Alors que le niveau d’exigence concernant la qualité des thèses ne cesse de s’accroître et que la pression à la réduction de la durée des thèses n’a jamais été aussi forte, les conditions matérielles et intellectuelles de réalisation de la thèse devraient être améliorées, et non saccagées.

Au delà des liens personnels qui peuvent nous unir à ces jeunes chercheurs, nous tenons à leur témoigner notre solidarité et à rappeler que leur combat pour améliorer la situation du jeune chercheur dans le système universitaire français nous est commun.

Nous incitons tous les jeunes chercheurs qui se sentent solidaires à se joindre à ce message de soutien.

Les signataires :

- Les jeunes chercheurs de l’IRISES, Université Paris-Dauphine,
- Le collectif des doctorants en science politique de Paris 1
- ACDC (Association des chômeurs et doctorants du CERAPS), Université de Lille 2
- Les doctorants et docteurs sans poste du LaSSP, IEP de Toulouse
- Les doctorants du CEPEL, Université de Montpellier 1
- Le collectif des doctorants de Triangle, Université de Lyon
- Le collectif des doctorants du laboratoire ERMES, UNSA, Université de Nice Sophia Antipolis
- Le collectif des jeunes chercheurs du PRISME-GSPE, Université Robert Schuman, Strasbourg

À cette liste de signataires se rajoutent le 2 juillet les jeunes chercheurs du Centre Maurice Halbwachs, qui se joint aux signataires du message de soutien à Aspasie.

Texte de soutien d’enseignants chercheurs en SHS aux jeunes chercheurs d’ASPASIE

Texte envoyé le 4 juillet sur la mailing-list de l’ANCMSP :

Le 25 juin dernier, l’association ASPASIE (Association de Science Politique Aixoise et de Solidarité Inter-Etudiante) qui regroupait une trentaine de doctorants aixois a décidé de se dissoudre face à la dégradation des conditions d’exercice de la recherche à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence (incertitude sur les procédures de financement, suppression de la bibliothèque de recherche, départ sans assurance de remplacement de titulaires, etc.) [http://ancmsp.apinc.org/spip.php ?article646]

Nous, enseignants chercheurs en sciences humaines et sociales de différentes institutions et laboratoires, tenons par cette déclaration à exprimer notre soutien aux jeunes chercheurs de l’IEP d’Aix en Provence.

Les jeunes chercheurs membres d’ASPASIE ont eu le courage de dénoncer publiquement des dysfonctionnements, devenus inacceptables, et entravant gravement leurs recherches et conditions de vie.

Au travers du cas des jeunes chercheurs aixois, la situation de grande précarité des doctorants et plus globalement des chercheurs non titulaires est, une nouvelle fois, mise en avant.

La question de la responsabilité collective des enseignants chercheurs titulaires face à de telles situations, souvent connues, nous semble être posée.

Les doctorants et jeunes docteurs aixois membres d’ASPASIE, comme de très nombreux autres, mènent des recherches de grande qualité. Nous avons eu l’occasion de les rencontrer à plusieurs reprises durant des manifestations scientifiques et, pour certains d’entre nous, de travailler avec eux. Nombre d’entre eux ont publié dans des revues internationales, participé à des colloques et ont été recrutés comme ATER, post-doctorants, chargés d’étude, chargés de recherche et maîtres de conférences dans d’autres institutions et d’autres lieux. Ils ne méritaient pas et ne méritent toujours pas d’être laissés sans soutien face à des directions administratives sourdes à leurs demandes et ignorant leurs droits.

Parmi ces jeunes chercheurs, certains parviendront à finir leurs thèses et épouseront une carrière d’enseignant chercheur, d’autres choisiront des voies différentes. Tous, du fait de la situation actuelle, de la recherche à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence en particulier, et des sciences humaines et sociales en France en général, auront participé au travail scientifique de production de connaissances dans des conditions intolérables.

Au-delà même du devenir des jeunes chercheurs de l’IEP d’Aix-en-Provence, c’est l’avenir de la recherche en science politique dans cet IEP qui paraît compromis.

La question que nous posons est celle de nos capacités de réaction face à de telles dérives.

En tant que membres de la même communauté scientifique, nous pensons que de telles situations doivent être dénoncées et entendons exercer la plus grande vigilance afin que l’action des jeunes chercheurs d’ASPASIE ne soit suivie d’aucune forme de menace ou de rétorsion.

Nous invitons, tous ceux qui le souhaitent, à signer ce texte.

Premiers signataires :

Gwenola Le Naour Maître de conférences, IEP de Lyon, ex-membre du CSPC, ancienne Présidente d’ASPASIE

Frédéric Vairel Chercheur, Centre d’Études et de Documentation Économiques, Juridiques et Sociales, Le Caire, MAE/CNRS

Nicolas Hubé Maître de conférences, Paris 1

Hélène Combes Chargée de Recherches, CNRS, CRPS, Paris 1

Olivier Fillieule Professeur de sociologie politique, Université de Lausanne

Johanna Siméant Professeur des Universités, Paris I, ancienne étudiante de l’IEP d’Aix

Patrick Lehingue Professeur des Universités, Université Picardie Jules Verne

Cyril Lemieux Maître de conférences, EHESS

Sophie Beroud Maître de conférences, Université Lyon 2

Lamia Zaki Chercheure, IRMC, Tunis

David Garibay Maître de conférences, Université Lyon 2

Jean-Michel Rampon Maître de conférences, IEP de Lyon

Aisling Healy Post-doctorante, CNRS, LEST, Aix-Marseille

Camille Hamidi Maître de conférences, Université Lyon 2

Loïc Blondiaux Professeur des Universités, IEP de Lille

Marie-Emmanuelle Pommerolle Maître de conférences, Université de Guyane

Philippe Corcuff Maître de conférences, IEP de Lyon

Laurent Bouvet Professeur des Universités, Université de Nice Sophia-Antipolis

Max Sanier Maître de conférences, IEP de Lyon

David Ambrosetti Chargé de Recherches, CNRS ISP Nanterre

Isabelle Garcin-Marrou Professeur des Universités, IEP de Lyon

Lilian Mathieu Chargé de Recherches, CNRS, CRPS, Paris 1

Nathalie Dompnier Professeur des Universités,Université Lyon 2

À cette liste s’ajoutent le 7 juillet :

Fabien Desage Maître de conférences, CERAPS, Université de Lille 2

Jeanne Hersant Post-doctorante, Albert-Ludwigs-Universität Freiburg

Camille Goirand Maître de conférences, CERAPS, IEP de Lille

Valérie Sala Pala Maître de conférences, Université de Saint-Etienne

Olivier Dabène Professeur des Universités, Sciences Po Paris

Nathalie Ethuin Maître de conférences, CERAPS, Université de Lille 2

Elise Massicard Chargée de Recherches, CNRS, CERAPS, Université de Lille 2

Cécile Robert Maître de conférences, IEP de Lyon

Frédérique Matonti Professeure Paris 1, Présidente de l’Association des Enseignants Chercheurs en Science Politique (AECSP)

François-Xavier Dudouet Chargé de Recherche, CNRS, IRISES, Paris Dauphine

Le département de science politique de l’Université de Paris X

Puis le 11 juillet :

Damien de Blic Maître de conférences, Université Paris 8

Renaud Payre Maître de conférences, Université Lyon 2

David-Antoine Malinas Chercheur, Maison Franco-Japonaise, Tokyo

Franck Gaudichaud Docteur en Science politique - MCF universite Grenoble 3

2nd communiqué de l’IEP d’Aix-en-Provence

Aix-en-Provence, le 8 juillet 2008

Nous prenons acte de la décision aussi douteuse qu’inopportune de dissoudre ASPASIE.
Une décision douteuse car résultant de la volonté unilatérale de 25 doctorants « réunis » sur la
base d’un forum internet alors qu’environ 90 doctorants sont inscrits en science politique à
l’IEP. On peut raisonnablement contester un tel exercice de « télédémocratie » dans son
principe comme dans ses modalités qui détruit une organisation que le CSPC a toujours
soutenue y compris pour l’organisation d’un séminaire portant sur un projet ANR qui relevait
de la politique comparée.
Une décision non seulement infondée mais encore inopportune car d’une part les doctorants
en science politique d’Aix ont besoin d’une organisation qui les représente et le bilan
d’ASPASIE ne méritait pas que celle-ci fût sabordée dans un mouvement d’humeur. D’autre
part, un accord a été conclu, grâce à Jean-Pierre Gaudin, avec la direction de l’IEP afin de
sauvegarder les acquis du CSPC. La science politique aixoise vit des moments difficiles et la
situation s’améliore. Le comportement suicidaire des dirigeants sortants ne contribuera pas à
améliorer la situation.
Par ailleurs, les propos tenus sur l’Ecole d’Eté sont faux et stupides, le programme de cette
année en atteste. Nous le joignons en annexe afin que chacun et chacune puisse juger sur
pièce.
DAVIAUD Sophie SEILER Daniel-Louis THOMAS Hélène

Communiqué de la CJC du 9 Juillet sur la liste de diffusion :

La Confédération des Jeunes Chercheurs (CJC) a pris connaissance de la décision prise par ASPASIE, association de jeunes chercheurs aixois en sciences politiques, membre de longue date de la CJC, de se dissoudre.

Cette dissolution a été décidée par les membres de l’association en juin 2007 suite à "[la constatation] que les conditions de son existence et de sa participation aux activités de recherche ne sont plus réunies du fait (...) du démantèlement des dispositifs de recherche [de l’IEP d’Aix]".

La CJC ne peut que regretter qu’ASPASIE ait dû en arriver à cette extrémité pour dénoncer les conditions regrettables dans lesquelles nombre de jeunes chercheurs doivent travailler. Il est urgent que ceux-ci reçoivent la considération qui leur est due de la part de leurs collègues plus expérimentés et de l’ensemble du système de recherche et d’enseignement supérieur.

Message de soutien à ASPASIE de l’AJPB

11 juillet 2008

L’Association des Jeunes Politistes de Bordeaux (AJPB), collectif de doctorants des centres CEAN, GRECCAP/CEREB et SPIRIT, souhaite se joindre aux signataires du texte de soutien à ASPASIE.

La situation que vivent les doctorants aixois depuis plusieurs années est intolérable à tous égards et doit interpeller toute la communauté scientifique, doctorants et docteurs comme personnel statutaire et associations de la discipline. Si la situation vécue à Aix apparaît exceptionnellement grave, elle met en lumière plus largement les difficiles conditions de production de la recherche vécues par un grand nombre de doctorants, en science politique comme dans d’autres disciplines.

Nous tenons à témoigner de notre solidarité à ASPASIE et à tous les doctorants d’Aix et nous nous associons à leur lutte pour que des garanties soient apportées à la réalisation des thèses dans de bonnes conditions.

Message de soutien de Franck Gaudichaud à ASPASIE

Chers collègues,

J’ai pris connaissance de l’ensemble des diverses réactions suscitées par la dissolution de l’ASPASIE, dissolution dont l’objet est avant tout de tirer un signal d’alarme sur la situation des doctorants en science politique, à l’IEP d’Aix.

Pour avoir moi même subi dans ce même institut ce que certains nomment dans les différents communiqués “l’affaire Gaudichaud” (sic) et regretté l’absence de réactions plus larges dans la discipline lors de mon recrutement finalement “avorté” (pour des raisons non académiques et de “cuisine locale”), je ne peux que saluer les divers soutiens aux jeunes chercheurs d’ASPASIE. Ce type de dysfonctionnements doivent, en effet, être mis en lumière et exigent une réponse collective des enseignants-chercheurs. La transparence et la démocratie universitaire ne sont en aucun cas des "combats d’arrière-garde" comme semble le suggérer la première lettre de la nouvelle direction de l’IEP d’Aix. Dans ce cas comme dans de nombreux autres, 40 ans après Mai 68, elles restent a (re)conquérir.

Plus largement, cette dissolution souligne une nouvelle fois les difficultés des jeunes chercheurs, au plan national, dans un contexte de politiques publiques de la recherche clairement régressives. Elle montre cependant également qu’un meilleur niveau de coordination/mobilisation des jeunes chercheurs et des enseignants-chercheurs peut contribuer a dénoncer ce type de situations et faire reculer la précarité croissante qui affecte, à tous les niveaux, l’Université publique en France.

Franck Gaudichaud – MCF Université Grenoble 3

Liste des doctorants du laboratoire PACTE (IEP de Grenoble) qui apportent leur soutien aux membres de l’association ASPASIE

Message envoyé le 15 juillet sur la liste

- Amandine Rochas
- Jessica Sainty
- Antoine Faure
- Cintia Gil Gutierrez
- Vakana Andriamasinoro
- Benoît Monange
- Elhadji M’Baye
- Guillaume Gourgues
- Antoine Rode
- Séverine Germain
- Benoît Demongeot