Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

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2005 02 05 : Lettre aux DU

Diffusé par l'ANCMSP le samedi 5 février 2005 · Imprimer


Message original --------
Sujet : [ancmsp] lettre aux DU
Date : Tue, 22 Feb 2005 03:49:07 -0800 (PST)
De : ANCMSP Bureau
Répondre à : liste-ancmsp@topica.com
Pour : liste-ancmsp@topica.com

Lettre à l’attention des directeurs de laboratoires,
directeurs d’écoles doctorales, directeurs de thèse et
jeunes chercheurs en SHS

APPEL URGENT À UNE REUNION DISCUSSION LE 28 FEVRIER
2005

Paris, le 21 février 2005.

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Les nouvelles orientations de la Recherche envisagées
par le gouvernement actuel préfigurent largement la
disparition programmée de la recherche orientée vers
la production de savoirs.

Le gouvernement a élaboré un pré-projet de Loi
d’Orientation et de Programmation de la Recherche
(LOPRI). Cette loi doit être adoptée au printemps
prochain. Ce projet détourne le sens des réflexions
menées au sein des Etats Généraux de la Recherche. On
ne peut que constater que le gouvernement nie une
nouvelle fois l’autonomie de la recherche et met en
danger son avenir. Si ce texte est adopté en l’état,
la loi privatisera de la recherche publique et
institutionnalisera la précarité des doctorants et des
jeunes chercheurs.

Sans même attendre le vote de la Loi d’Orientation, ce
gouvernement a déjà mis en route sa « réforme » : 350
millions d’euros ont été affectés à l’Agence Nationale
de la Recherche (ANR) créée par décision expresse du
ministère depuis le mois dernier . Cette nouvelle
agence est chargée de distribuer l’argent de la
recherche en fonction de « priorités » qui seront
identifiées par le Haut Conseil de la Recherche de
l’Innovation (HCRI).

Ce conseil sera composé de membres nommés en Conseil
des ministres, dont notamment 10 sont des « 
personnalités scientifiques de premier plan françaises
ou étrangères » et 10 des « personnalités du secteur
socio-économique » . Les priorités du HCRI
s’articulent autour de trois axes voués à financer la
recherche appliquée : sciences de la vie, STIC,
énergie et développement durable. La recherche en
Lettres et Sciences Humaines et Sociales (SHS) en est
complètement exclue.

Si le budget civil de la recherche réduit de 7,7 % la
part allouée aux SHS entre 2003 et 2004, que
restera-t-il pour les cinq prochaines années dans le
cadre de la LOPRI ? La nouvelle agence de moyens ne
consacre qu’1,1 % de son budget à ces disciplines .

La condition des doctorants et des jeunes docteurs
sans poste en SHS, marquée par la précarité, sera
institutionnalisée par la mise en place de Pôles de
recherche et d’enseignement supérieur (PRES).

Les PRES peuvent prendre la forme d’Établissements
publics à caractère scientifique (EPCS) pour adopter
une gestion de droit privé de leurs personnels.
Suivant cette logique, deux types de statuts pourront
cohabiter : un personnel titulaire et des nouveaux
entrants condamnés, dans le meilleur des cas, à des
contrats temporaires.

Ainsi, alors que les doctorants en SHS se
caractérisent déjà par leur extrême précarité - 80%
n’ont pas accès à des financements publics - leur
existence même se trouve remise en cause par la loi.
Leur situation est un indice de la place négligeable
laissée aux SHS.

Après examen de la direction donnée à la politique de
la Recherche, la nécessité d’une action collective est
devenue évidente.

Le 4 février dernier, plusieurs milliers de chercheurs
ont ainsi manifesté à l’appel des syndicats de la
recherche et de l’enseignement supérieur, du collectif
Sauvons la recherche (SLR) et des associations de
doctorants et précaires de la recherche. Une nouvelle
pétition de SLR est en ligne depuis le 1er février et
a déjà réuni près de 40 000 signatures. Celle-ci
appelle à la rédaction d’un nouveau projet de loi qui
prendrait en compte les propositions élaborées lors
des Etats Généraux.

De nouvelles actions doivent être menées. La situation
est alarmante, la communauté scientifique dans son
ensemble ne peut l’accepter : les orientations sont
déjà annoncées par le projet de loi de finances pour
2005 , elles définiront la politique de la recherche
si rien n’est fait d’ici le vote de la loi, au
printemps prochain.

Une mobilisation de l’ensemble des directeurs de
laboratoires, des écoles doctorales, des directeurs de
thèse et des jeunes chercheurs titulaires en SHS aux
côtés des doctorants et des chercheurs précaires est
donc indispensable pour faire reculer ce gouvernement
et pour que le projet de loi prenne en compte les
revendications d’autonomie et d’indépendance de la
recherche et de l’enseignement publics.

Nous vous demandons de prendre position pour défendre
les budgets de la recherche, les créations de postes
dans les universités et les instituts de recherche
ainsi que l’amélioration des conditions d’existence et
de travail des doctorants et des étudiants que vous
encadrez. Ces demandes sont tout à fait légitimes au
vu des besoins de recherche et d’enseignement pour les
années à venir . Dans cette perspective, nous
sollicitons votre participation à une réunion de
travail le lundi 28 février 2005 de 17h15 à 21 h à
l’amphi de physique du 12 rue Cuvier (M° Jussieu) à
Paris. Nous voudrions donc savoir si vous soutenez
cette initiative et si vous pourrez y participer ou y
être représenté. Merci de nous en informer à cette
adresse : droit_d_entree@yahoo.fr.

Dans l’attente d’une réponse aussi rapide que possible
de votre part, veuillez recevoir l’expression de nos
sentiments les meilleurs,

Les doctorants et chercheurs précaires de la recherche
 :
Association nationale des candidats aux métiers de la
science politique (ANCMSP),
Droit d’Entrée (Association nationale de doctorants et
jeunes docteurs en SHS),
Jeunes Chercheurs Contre la Précarité (JCCP)
Sud Etudiant.

Avec le soutien des syndicats de la recherche et de
l’enseignement supérieur :
SNCS – FSU, SNESUP-FSU