Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

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2005 06 15 : SLR : Appel à un audit de l’ANR

Diffusé par l'ANCMSP le mercredi 15 juin 2005 · Imprimer


Message original --------
Sujet : [ancmsp] SLR : Appel à un audit de l’ANR
Date : Wed, 15 Jun 2005 03:44:46 -0700 (PDT)
De : ANCMSP Bureau
Répondre à : liste-ancmsp@topica.com
Pour : liste-ancmsp@topica.com

Sauvons la recherche lance un pétition
(ci-dessous) appelant à un audit de l’ANR et à un
rééquilibrage des crédits de recherche en faveur des
laboratoires, des grands organismes et des
universités. Vous pouvez signer en cliquant sur le
lien suivant :

http://recherche-en-danger.apinc.org/article.php3?id_article=1204

******************************************************

Appel à un audit de l’ANR

La création de l’Agence Nationale de la Recherche
(ANR) a été annoncée en Juillet 2004 par le ministre
de la recherche M. François d’Aubert ; son premier
conseil d’administration ne s’est réuni qu’en Janvier
2005. Pour sa première année, l’ANR dispose pourtant
d’un budget de 350 millions d’euros (M€) de crédits de
paiements, destinés en partie à couvrir les
engagements des anciens FNS et FRT [1]. Elle
distribuera en outre 700M€ en autorisation de
programme pour les 3 prochaines années, soit plus de 3
fois les crédits de base annuels du CNRS.

Compte tenu de l’importance de ce montant, nous ne
pouvons que regretter l’invraisemblable précipitation
qui a présidé à la mise en place de cette agence.
D’ores et déjà, cette impréparation a eu comme
conséquence un manque de visibilité dans les choix des
thématiques prioritaires et des commissions
d’attribution. De tels problèmes risquent de nuire à
la qualité des procédures d’attribution des crédits au
regard des normes internationales, et donc de
décrédibiliser cette agence durablement au niveau
européen, contexte dans lequel elle devrait pourtant à
terme s’inscrire.

Cette situation est d’autant plus regrettable que les
organismes et les universités manquent cette année
encore cruellement de moyens à distribuer aux
laboratoires, alors même qu’ils disposent eux de
capacités d’évaluation déjà mises en place dans le
cadre des contrats quadriennaux. Ce déficit de crédits
de base a pour conséquence de créer un déséquilibre
important entre les divers opérateurs de recherche et
cette nouvelle agence qui, contrairement aux souhaits
exprimés par la communauté, devient dès à présent
l’acteur essentiel du financement de la recherche sans
réelle complémentarité avec les organismes et les
universités.

Cette situation résulte de l’absence d’une quelconque
réflexion préalable sur les objectifs de l’ANR et
surtout sur son insertion dans le dispositif de
recherche existant. Quelle que soit notre position sur
l’intérêt à terme d’une telle structure, nous
considérons qu’une telle méthode est regrettable. Elle
l’est d’autant plus que la création de l’ANR a précédé
le dépôt sans cesse reporté de la loi d’orientation et
de programmation pour la recherche qui devra redéfinir
les missions et les modes de fonctionnement des
organismes et des universités. Dans ces conditions, la
poursuite de la croissance de l’ANR pourrait avoir des
effets dévastateurs et irréversibles sur
l’organisation des laboratoires, sur les organismes et
les universités ainsi que sur les conditions d’emploi
des personnels.

Aussi, nous soutenons avec force la demande exprimée
par SLR, Edouard Brézin, les présidents de la CPCN
[2], de la CPCNU [3], que les crédits de paiements de
l’ANR ne dépassent pas en 2006 leur niveau de 2005
[4]. En conséquence, nous demandons que l’ensemble des
moyens financiers supplémentaires (hors mesures pour
l’emploi) pour 2006 soient versés aux organismes et
aux universités, qui les distribueront aux
laboratoires positivement évalués.

Nous demandons qu’un audit soit mis en place dès
janvier 2006 visant à évaluer les procédures
d’attribution des moyens au regard des bonnes
pratiques internationales et de déterminer les
conséquences de l’ANR dans le domaine de l’emploi
scientifique. Nous demandons également que s’ouvre,
sous l’égide du HCS [5], un débat sur l’opportunité de
maintenir l’ANR au sein du système de recherche
rénové. Si tel est le cas, alors il devra conduire à
des recommandations sur les missions de l’ANR, ses
modes de fonctionnement, ses liens avec les organismes
et universités, et le volume de crédit distribué.

Le mouvement de ces 18 derniers mois a montré que la
communauté scientifique avait à coeur d’aboutir à une
réforme du système de recherche français afin de le
rendre plus efficace et attractif. Tel devrait être
l’objet de la loi à venir pour la recherche, dont nous
déplorons aujourd’hui encore le retard. Cette
évolution ne pourra se faire sans une vision cohérente
et respectueuse des individus et des logiques propres
de ce secteur ; elle devra également être inscrite
dans une perspective de long terme.

C’est pourquoi, nous demandons solennellement au
nouveau gouvernement de ne pas opposer à cette
ambition partagée, la restructuration brutale et
irréversible du dispositif de recherche français, que
ne manquerait pas de provoquer une croissance
incontrôlée de l’ANR. Il est indispensable que le
fonctionnement de l’ANR et son articulation avec le
dispositif de recherche français et européen fassent
l’objet d’un audit.

[1] Fonds National de la Science et Fonds de la
Recherche Technologique

[2] Conférence des Présidents du Comité National de la
recherche scientifique

[3] Conférence Permanente du Conseil National des
Universités

[4] Communiqué sur le projet de Loi d’Orientation et
de Programmation pour la Recherche, 7 juin 05.

[5] Haut Conseil de la Science