Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

AccueilBureauAdministrationAssemblées Générales → AG 2006 : bilan moral, par FX

AG 2006 : bilan moral, par FX

Diffusé par l'ANCMSP le samedi 10 juin 2006 · Imprimer

ANCMSP

AG 2006

Introduction

L’ANCMSP fête cette année ses dix ans d’existence. Créée dans le but de faciliter l’intégration des docteurs dans les métiers de la science politique, elle s’est peu à peu imposée comme l’une des trois associations structurantes de la discipline aux côtés de l’AFSP et de l’AECSP.
Aujourd’hui, l’ANCMSP si elle n’est pas toujours entendue est une association qui compte et qui a toute sa place au sein de la discipline.
Deux réalisations majeures ont contribué à cette situation :
- L’amélioration des procédures de recrutement.
- La liste de diffusion ANCMSP

L’amélioration des procédures de recrutement.
Depuis ses origines l’ANCMSP s’est employée à assurer le suivi des recrutements et leur transparence. Peu à peu, la plupart des commissions ont accepté de jouer le jeu et de diffuser les informations concernant leur composition, les dates d’auditions, etc… Cette année, à l’exception de Strasbourg, seules les universités qui ne sont pas intégrées à la discipline n’ont pas communiqué.

La liste de diffusion ANCMSP
Crée dans le but de mieux faire entendre la voix de l’ANCMSP au sein de la discipline, la liste de diffusion a connu un succès spectaculaire. Devenue peu à peu lieu le privilégié d’information et d’échange la liste comporte aujourd’hui plus de mille inscrits. Elle participe non seulement à la socialisation des jeunes chercheurs mais plus généralement à la structuration de la discipline.

Après deux années en grande partie dédiées aux mobilisations pour sauver la recherche, l’ANCMSP a repris, en 2005-2006, ses tâches traditionnelles : suivi et transparence des recrutements, encadrement et statuts des doctorants, etc. L’un des résultats de cette mobilisation a été le nombre record de postes MCF ouverts cette année au recrutement (21 en science politique).

Certains chantiers qui avaient été ouverts les années précédentes ont connu des avancées significatives, en particulier celui de la collaboration avec la CJC, instance représentative des jeunes chercheurs reconnue auprès des autorités publiques, en particulier grâce au siège dont elle dispose au CNESER.
Plusieurs autres domaines doivent soit être approfondis soit être investis en raison des modifications qui ont cours : intégration/encadrement des doctorants, statut des ATER, procédures de recrutement, augmentation des modes de financements et amélioration de leur qualité (lutte contre les libéralités) des doctorants et docteurs ainsi que du nombre de postes, débouchés hors monde académique.

Liste MA
Depuis de nombreuses années la communication entre le bureau de l’ANCMSP et ses adhérents reste un point noir. L’information dans un sens comme dans l’autre a du mal à circuler. La liste générale ANCMSP ne peut être le lieu de prises de positions quant au débat qui agitent la communauté disciplinaire par les adhérents, exposés au regard – et donc aux sanctions – des titualires.
Pour y remédier, le bureau a décidé de relancer la liste doctorant en lui donnant un nouveau nom et surtout en la réservant aux adhérents non titulaires afin de faciliter la prise de parole. Malgré quelques échanges intéressants, cette liste a encore du mal à prendre son essor. Pourtant son bon fonctionnement est indispensable pour que l’ANCMSP ne se réduise pas à son bureau.

Encadrement des doctorants
Il apparaît de plus en plus que l’encadrement des doctorants n’est pas seulement la condition de réalisation d’une bonne thèse mais aussi celle d’une bonne sortie de thèse.
La durée moyenne des thèses doit se raccourcir (et la variance doit également être réduite) non seulement pour répondre à la réglementation, mais surtout afin d’éviter de précariser un nombre toujours croissant de doctorants et de jeunes docteurs, le titre de docteur n’étant pas dans la conjoncture actuelle une garantie d’emploi. Dans un contexte où un contrat post-doctoral semble devenir un passage obligé, il n’est plus acceptable que les autorités de régulation de la discipline valorisent des thèses dépassant cinq ou six ans.
Les doctorants doivent être mieux intégrés dans leur laboratoire et mieux suivis. L’ANCMSP propose la suppression du directeur de thèse au profit d’une direction collégiale entre deux-trois membres du laboratoire. Le doctorant ne serait plus présenté en soutenance par un directeur mais par le laboratoire. Ce mécanisme permettrait en outre de remettre en cause certaines logiques d’inféodation et surtout l’isolement que connaissent certains doctorants.
L’IEP de Paris possède à cet égard une expérience intéressante, de même que l’observation des pratiques qui ont cours dans d’autres disciplines ne peut qu’être profitable à la science politique. L’ANCMSP propose d’organiser, avec les autres associations disciplinaires et avec uen éventuelle participation de la CJC, des assises de la thèse en science politique qui permettraient de confronter les points de vue et les pratiques des divers acteurs.

Débouchés hors monde académique
Il apparaît de plus en plus que le nombre de docteurs en Science politique dépasse de très loin les débouchés traditionnels offerts par le monde académique (MCF, CNRS, FNSP, etc…). Sciences po Paris par exemple produit à lui seul une quarantaine de docteurs par an alors que le nombre de postes ouverts au concours ne dépasse guère la trentaine. Plutôt que de jeter un voile pudique sur les « exclus » de la Science politique, il convient de mettre en place des conditions acceptables d’orientations vers d’autres types de débouchés (administration publique, OIG/ONG, privé). Sortir du monde académique ne doit plus être vécu comme un échec et les compétences des docteurs en science politique doivent pouvoir être justement valorisées en dehors du monde académique.

CJC
Depuis octobre 2004, l’ANCMSP s’est investit régulièrement à la CJC a raison d’une réunion de CA 3 fois par an, mais aussi en participant aux délégations qui rencontrent le ministère ou les syndicats. L’ANCMSP s’est investie sur 2 dossiers en particuliers : la réforme du doctorat et les débouchés pour les docteurs dans la Haute Fonction Publique.

La poursuite de l’investissement de l’ANCMSP sur le dossier de la réforme du doctorat.
Rappel des faits : depuis octobre 2004, nous avons travaillé à produire une position de l’ANCMSP par rapport au texte de réforme proposé par la CJC. Celle-ci envisageait de faire voter son texte en AG en octobre 2005.

Le travail a été réalisé collectivement par le bureau puis précisément en octobre novembre 2005 par un petit groupe de travail de 4-5 personnes (Pierre, Elise, Stéphane, Nicolas, Julien d’Aspasie et Eric Poinsot des DURS de Strasbourg.) Nous avons formulé des contre propositions systématiques pour tous les articles pour lesquels les positions de la CJC nous paraissaient inadéquates ou ne reflétaient pas l’idée que nous avions du doctorat. QQ points en particuliers :
(1) la défense du doctorat comme formation à et part la recherche ;
(2) la défense d’un projet doctoral du doctorant qui lui reste en partie personnel et non pas totalement définit à l’avance par l’équipe d’accueil ;
(3) réserves sur le calendrier proposé pour réformer la procédure d’attribution des allocations de recherche sous tendant un recrutement du doctorant par le laboratoire ;
(4) contre une durée de thèse de 3 ans secs.

Le vote au sein de la CJC sur ce texte n’a pas été de soi : il devait être voté en octobre à l’AG de Paris, mais le vote a été reporté grâce à l’action des membres présents de l’ANCMSP qui se sont battus sur divers point du texte, notamment pour faire inscrire la notion d’encadrement dans l’article définissant le doctorat. Le texte a été remis au vote fin janvier 2006, ce qui a laissé le temps de l’amender. Ce texte a finalement été transmis au ministère et à l’ensemble des acteurs concernés dans le courant du printemps 2006.

Le ministère a lui-même il y a quelques jours a soumis à la CJC pour amendement son propre texte de réforme longtemps resté au placard et finalisé après le vote la LOPR. Celui-ci reprend entre autre l’idée de reconnaître « la formation doctorale comme une expérience professionnelle ». L’ANCMSP a néanmoins relevé plusieurs dérives dans ce texte, notamment :
(1) des organismes publics ou privés accueillants des doctorants peuvent être reconnus comme établissements associés à l’ED => intro du privé dans la recherche publique ? Question des écoles de commerce et école d’ingénieur, université privées… ;
(2) l’inscription en doctorat est ouverte à tout titulaire du master => sans distinction recherche ou pro donc ;
(3) le conseil scientifique de l’établissement arrête le nombre maximum de doctorant encadré par un directeur de thèse après avis des conseils d’ED.

Ce texte vient de passer devant la commission scientifique permanente du CNESER dans lequel la CJC a été invité par le ministère
La CJC a obtenu par un travail de lobbying en lien direct avec les parlementaires lors du vote la LPR début février que figure dans la définition du doctorat que la formation doctorale est une exp professionnelle de recherche. Ce point a nouveau été réaffirmé dans cette proposition d’arrêté. La commission a également entériné une durée de la thèse « en 3 ou 4 ans selon les disciplines »
Les principes du nouveau texte ont été résumés ainsi :
· Le 3e cycle est désormais restreint au doctorat (conséquence : les seuls "étudiants" représentés dans les Conseils scientifiques sont les doctorants)
· Le doctorat est une expérience professionnelle à partir du moment où la thèse est soutenue avec succès
· Après discussion du besoin de responsabiliser quelqu’un du projet doctoral (la cjc avait initialement proposé le directeur de thèse) et il s’agit du dir de l’ED qui a une responsabilité.
· Les écoles doctorales sont basées sur des unités de recherches reconnues
· L’accréditation des écoles doctorales entraîne l’habilitation à délivrer le diplôme de docteur
· L’accréditation des écoles doctorales repose sur deux nécessités : la qualité des unités de recherche qui la compose (condition nécessaire mais non suffisante) et qualité du cadre assuré par l’ED en terme d’encadrement, de recrutement, de respect de la charte des thèses, d’action en faveur de "l’insertion professionnelle" des docteurs
· Amélioration du "statut" des doctorants : augmentation du nombre de leur représentant dans les conseil des ED, contrôle du nombre de doctorants par encadrant au niveau des Conseils Scientifiques
Les points soulevés plus haut (notamment l’ouverture au privé) n’ont pas fait l’objet d’amendement par la commission scientifique du CNESER. Néanmoins, ce texte doit encore passer devant l’assemblée plénière du CNESER fin juin. Certains points sont encore en discussion, lors d’une réunion CJC avec la commission université de l’UNEF, il est apparu qu’ils étaient fortement opposés à cette ouverture sur le privée.

Au final l’investissement de l’ANCMSP a été très positif dans ce dossier : nous avons pu réfléchir collectivement sur la question du doctorat, et nous avons tenté, avec un certain succès de faire valoir notre point de vu sur cette question.

ATER
Rappel des faits : La mise en place de la Lolf a entraîné le transfert du financement des postes d’ATER aux universités. Malgré la compensation ministérielle annoncée du surcoût lié aux demi-postes, certaines universités ont d’ores et déjà annoncé leur décision de transformer les demi-postes existants en postes pleins.
Position de l’ANCMSP (diffusée le 22 mars) : L’ANCMSP demande un moratoire d’un an et incite les universités à renouveler au moins les demi-postes des personnes demandant un renouvellement. Elle demande que les postes d’ATER temps plein soient réservés uniquement à des docteurs sans postes ou aux doctorants en passe de soutenir. Les doctorants ne pouvant bénéficier de poste d’ATER doivent se voir garantir d’autres sources de financements adéquates avec leur situation
Actions menées : Pour essayer de regrouper les informations, le bureau a lancé plusieurs appels sur la liste MA afin que des informations sur les situations locales remontent et puissent être diffusées. Cela n’a obtenu aucun résultat.
D’autre part, quelques doctorants ont sollicité l’ANCMSP, via la liste MA pour fournir des information sur les type de poste d’ATER (plein ou partiel) qui existaient dans les universités afin de rendre les candidature plus facile. Le bureau a donc du assumer seul la tâche de recherche d’information que ses adhérents auraient pu se partager en se mobilisant localement et en sollicitant les institutions au niveau local. Pour répondre à cette demande, une lettre rappelant la situation et demandant des précision sur le nombre et le type de support des postes a été envoyée conjointement aux commission de spécialistes dont nous avions les coordonnées et aux responsables des ressources humaines et administration de 55 universités susceptible de recruter des doctorants politistes. (recherche manuelle). Cette initiative a suscité permis de diffuser des informations utiles pour une partie des établissements qui recrutaient des ATER.

Actions à venir : La question des ATER ne concerne pas la seule science politique, mais l’ensemble des discipline. La CJC a entamé une réflexion sur ce point et le ministère lui a proposé de créer une commission de travail. L’ANCMSP souhaite faire partie de cette commission afin d’y porter sa réflexion sur la rénovation du statut d’ATER. D’ors et déjà, voici la position sur laquelle le bureau actuel s’est accordé et qu’il pourrait défendre à l’avenir :
Sur cette question d’ATER, nous pensons qu’il faut prendre en compte qu’on part d’une situation où les postes d’ATER servent à autre chose de ce qu’ils devraient... EN effet en SHS ils pallient à un manque de financement. Le demi-poste d’ATER devient un moyen de financer une thèse quand il n’y a aucun financement, car les labos font pas leur travail de trouver un financement à leurs doctorants...
Ce que nous proposons c’est de demander un plan quinquennal couplant le passage des demi-postes à des postes complets avec une politique de réduction de la durée effective de la thèse en SHS. Comme souvent dit, si on met souvent plus de temps dans certaines disciplines c’est pas qu’on est plus bête que d’autres, mais c’est que les conditions de travail sont calamiteuses (bureau et financement) et l’encadrement inexistant. Si on veut sortir par le haut de cette situation, il faut associer une politique volontariste de recentrage de la thèse sur 3 ans (ou 3+1) et redescendre les critères de sélections des postes.
On doit donc proposer que petit à petit les demi-postes servant de financement à la 4ème et 5ème soient convertis en postes pleins revalorisés et redéfinis de type post-doc, pour les docteurs sans postes.
Chaque année, on réduit le nombre de demi-postes au profit de postes pleins.

La CJC a voté le mois dernier à Grenoble en grande partie sur proposition de l’ANCMSP deux motions qui demandent une action des pouvoirs publics pour ne pas aggraver la situation des personnes bénéficiant des demi postes d’ATER, affirment la volonté de garder ces postes à des docteurs, de limiter l’utilisation comme moyen de financement pour des doctorants, et de penser à faire évoluer le statut d’ATER vers une diminution de la charge horaire d’enseignement (1/2 service) afin de favoriser la part Recherche du statut d’ATER.

Profilage fin des postes MCF
Les efforts de transparence posent de nouveaux problèmes. La diffusion des listes d’auditionnés, puis des classements accentue les inégalités de visibilité entre les candidats auditionnés ou non, classés ou non et contribue à fausser le jeu. On ne peut nier que ces palmarès interviennent peu ou prou dans le travail de sélection des commissions de spécialistes. Enfin, le souci de transparence a contribué à faire apparaître de nouvelles difficultés comme en témoigne le débat récent sur le profilage fin des postes et leur diffusion après publication au JO.

Coopération avec l’AECSP et l’AFSP
Le bureau a relancé cette année la coopération tri-partite avec l’AFSP et l’AECSP dans le but de chercher des solutions sur des problèmes communs :
Augmentation du nombre de postes,
Débouchés hors monde académique
Deux réunions ont eu lieu qui ont abouti à la décision de mener une enquête sur les besoins en enseignement de la discipline et de mieux associer les trois associations dans la préparation du salon des thèses. L’enquête sur les besoins en enseignement devrait servir de document de travail en vue d’une rencontre des trois associations avec le Ministère.

Télécharger : Bilan_moral_AG_2006.doc.