Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

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Agrégation : la grande et la petite histoire [en remplacement de la fable]

Diffusé par l'ANCMSP le lundi 23 juin 2008 · Imprimer

Où l’on parle de la naissance de l’agrégation de science politique, des débats qui resurgissent régulièrement à son sujet et d’un curieux épisode à mettre au bilan de la session 2007

Comment l’agrégation de science politique est-elle née ? Une telle
question, qui fera sans doute mourir d’ennui tout individu
normalement constitué, passionnera à n’en pas douter les politistes.
Un intéressant article est paru là-dessus dans la Revue d’histoire des
Sciences Humaines
.

(Résumé de l’article sur l’histoire de l’agreg RHSH)

L’agrégation est donc au coeur d’interrogations sur le statut de notre
discipline à propos desquelles aucun consensus n’a jamais vraiment été
atteint. Les récentes prises de bec sur la liste de diffusion de
l’ANCMSP n’ont donc rien d’étonnant. Rappelons que plusieurs
professeurs (liste des noms) avaient envoyé une série de propositions
sur l’HDR. Ils suggèraient enre autres que la sous-admissibilité à
l’agrégation soit équivalente à cette habilitation. Ce que Jérôme
Valluy (MCF, Paris 1) a publiquement jugé inacceptable, décrivant les
auteurs de la proposition comme des conservateurs et proposant au
rebours de supprimer le "cirque" agrégatif. Il n’entre pas dans notre
propos de prendre position sur le fond ou la forme de cette querelle -
qui, signalons-le, concerne évidemment l’ANCMSP, en tant
qu’organisation représentant de jeunes docteurs sans poste
possiblement candidats à l’agrégation, mais aussi des doctorants
concernés par les critères d’habilitation des enseignants à diriger
leurs recherches. Une chose est sûre, cependant : face à ceux qui
dénoncent comme un mythe le "concours républicain", les défenseurs de l’agrégation devraient au moins veiller à ce que celle-ci garantisse
effectivement l’égalité de traitement, si formelle soit-elle, qui
fonde sa légitimité.

Or, s’il est hors de doute que l’agrégation est dans l’ensemble moins
propice aux petits passe-droits que les recrutements locaux (MCF),
elle n’en semble pas vraiment exclue. D’après nos informations, la
session 2007 a en effet été marquée par un épisode quelque peu
rocambolesque. Nommons X l’individu concerné, dont l’identité est sans
importance - car c’est évidemment un système qui est concerné. Dans un premier temps, X, enseignant-chercheur titulaire, s’inscrit à
l’agrégation. Il est déclaré admis à concourir. Mais il apprend alors
qu’il vient d’être nommé professeur à la voie longue : bravo ! Il
informe alors le président du jury de son désistement. Jusqu’ici tout
va bien.

Mais l’arrêté de nomination, qui doit être signé par le Ministre, tarde à arriver. Le candidat, alarmé (ou facétieux ?), décide à nouveau de passer le concours. Le président rechigne : X avait officiellement démissionné. Mais celui-ci insiste, mobilise des arguments qui nous restent inconnus : le président cède et accepte d’ajouter à la liste de passage le candidat inattendu pour qu’il passe l’épreuve sur travaux. Ce n’est pas fini : le jour de l’oral, X est absent. Distraction ? L’histoire pourrait s’arrêter sur cette absence valant désistement.

Mais X obtient de repasser l’épreuve sur travaux, avec un mois de retard sur les autres candidats. Où est l’égalité de traitement ? On rétorquera que l’affaire est sans enjeu : X doit devenir sous peu professeur. Mais alors pourquoi diable passer le concours externe et mobiliser le temps du jury ? Le candidat X est déclaré sous-admissible par le jury et peut donc poursuivre le concours externe. En attendant, l’arrêté de nomination de professeur à la voie longue n’arrive pas. Est-ce la raison pour laquelle les résultats d’admissibilité tardent eux aussi à tomber à l’issue de l’épreuve de spécialité en loge ?
Le bureau de l’ANCMSP s’en étonne ouvertement sur notre liste de
diffusion, et dès le lendemain l’information tombe. Coïncidence ou
effet d’un subtil pressing ?

De fait, le candidat X n’est pas admissible et ne poursuit donc pas le concours, l’arrêté de nomination a sans doute entre temps été signé par le Ministre.

L’histoire est au demeurant largement connue, et en premier lieu des
autres candidats à l’agrégation. Les détails importent assez peu : il
reste qu’il y a bien eu un traitement pour le moins cavalier de la
rigoureuse égalité formelle qui légitime a minima le concours. Les
discussions (nécessaires) sur les spécificités du recrutement au rang
de professeur dans notre discipline et notre pays, seront assurément
plus sereines si les règles de ce concours sempiternellement
contestées sont à l’avenir plus scrupuleusement respectées.