Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

AccueilBureauParticipation à la CJC2009-2010 : CDHSS → Audition CJC, 17 septembre 2009 (CR)

Audition CJC, 17 septembre 2009 (CR)

Diffusé par l'ANCMSP le mercredi 16 décembre 2009 · Imprimer

Réunion du 17 septembre 2009 avec Édouard Husson, rapporteur du Conseil pour le Développement des Humanités et des Sciences Sociales (CDHSS). Une version Word a circulé, avec le même texte, du gras en plus.

CR ANCMSP (CONFIDENTIEL)

Avant le RDV

Je me suis inscrit sur l’incitation de Stéphanie. Emmanuelle Ebel s’est inscrite. Vincent Reillon s’est inscrit à son tour, sans doute pour nous/me "cadrer" (j’avais titillé les hyperactifs de la CJC sur chantier plusieurs fois, sur plusieurs choses d’importance inégale).

Quelques emails ont circulé pour indiquer qu’il ne se dirait rien d’important : Vincent n’avait pas précisé que le RDV était pris parce que le Conseil avait bientôt une réunion de travail sur l’insertion professionnelle, et qu’un autre RDV plus conséquent suivrait. Je l’ai appris sur chantier avant le RDV mais je ne pouvais pas en informer le bureau, par respect de la clause de confidentialité.

Malgré cette omission très moyennement appréciée de ma part (je l’ai glissé dans le CR pour la CJC, ci-dessous), je me suis briefé par moi-même avec des documents que j’ai aussi envoyés à Emmanuelle, puis nous avons tous deux bénéficié d’un email très informatif de Florent Olivier, que je mets en annexe de ce CR interne. Suite à ses conseils, j’ai téléphoné à Alban Cornillet et Maïwenn Corrignan avant le RDV : mes notes sont aussi en annexe.

Emmanuelle, Vincent et moi avons déjeuné pour accorder les violons et faire le point, ce qui s’est bien passé. Vincent et Emmanuelle n’avaient pas pu préparer l’audition à fond, par manque de disponibilité.

Pendant le RDV

Voir le compte-rendu CJC. Édouard Husson est joignable au 01 55 55 89 33. Je lui ai demandé s’il serait intéressé par une réunion avec une association disciplinaire, ce à quoi il a répondu oui. Je pense qu’il faut jouer sur notre légitimité nationale, et nos liens avec des associations d’enseignants-chercheurs.
Après le RDV

Emmanuelle et moi avons discuté en terrasse, elle est sympa et elle connaît bien les SHS (site universitaire dans un état lamentable, implication dans les mobilisations de début 2009).

CR ENVOYÉ À LA CJC (CONFIDENTIEL)

Édouard Husson a indiqué être rentré au cabinet le 1er août 2009. Sa mission consiste à préparer les travaux du Conseil. Dans sa présentation, Édouard Husson a notamment évoqué la "valorisation de la recherche des diplômé(e)s de SHS, au niveau Master et Doctorat en particulier". Il a également précisé qu’il y avait une "forte demande", au sein du cabinet de Valérie Pécresse, pour mieux représenter les SHS. Son rôle, a-t-il précisé, est devenu "évident dans la pratique" : "faire de la prospective sur les SHS". Il a également cité le nom d’une autre personne, Madame Durand.

Il a identifié la CJC en passant par le site Internet d’EURODOC. Ce premier contact avec la CJC vise, pour lui, à "éviter les raisonnements stratosphériques" venant des "éminents esprits du Conseil". (Pour rappel, le Conseil actuel compte, comme son prédécesseur, une majorité d’hommes âgés, blancs et parisiens. Il ne contient aucun jeune chercheur, ou même un seul MCF.) Édouard Husson a ensuite demandé à la CJC de se présenter. Vincent et Emmanuelle ont rappelé sa composition, son mode de fonctionnement, et son credo depuis 13 ans, la reconnaissance du doctorat comme expérience professionnelle. Il a noté, dans la présentation de Vincent, le fait que la CJC est "consultée par différents organismes".

Édouard Husson a posé plusieurs questions sur le rôle de la CJC dans l’élaboration du contrat doctoral. Il a également évoqué à plusieurs reprises les mobilisations de 2009, en se basant sur ses observations à Paris 4 (où il enseigne, et où beaucoup de jeunes chercheurs enseignent également, selon lui). Ses opinions se résument en substance, à remarquer que les personnes contestant le contrat doctoral ne l’avaient pas lu et protestaient donc en méconnaissance de cause. La CJC a répondu à plusieurs questions sur ce sujet, en évoquant les "a priori très négatifs" sur le contrat doctoral dans les AG auxquelles elle avait assisté, mais en rappelant également que les AG pouvaient aussi donner lieu à des revirements de position après explicitation du texte. Édouard Husson a demandé combien de temps il fallait pour "retourner une AG" (la réponse, de mémoire, était "une heure"). Il lui a été rappelé que certaines AG étaient impossibles à retourner, car la "culture de la pénurie" (Édouard Husson a noté cette expression de Françoise Héritier) dans laquelle vivent les étudiant(e)s, en particulier en SHS où les opportunités de carrière [les postes] sont minces, implique qu’aucun changement de mentalités et de pratiques n’est envisageable dans une augmentation des moyens de financement et d’encadrement [et donc des postes, bis repetita]. Ce discours liant amélioration des pratiques et augmentation des moyens en amont et en aval du doctorat afin d’accompagner la contractualisation de tous les doctorants [titre d’une fiche CJC] lui a été décliné sous différentes versions pendant l’audition par Vincent, Emmanuelle et François. Édouard Husson a aussi voulu savoir si le contrat doctoral pouvait changer les mentalités chez les enseignants-chercheurs. La CJC lui a précisé ne pouvoir répondre a la question a leur place, mais a précisé que sur le terrain, c’était l’arrivée de nouveaux financements favorisant le travail en équipe qui faisait évoluer les pratiques.

Le Conseil tiendra sa première grande séance le 23 septembre 2009. Vincent a proposé de se donner le temps de la réflexion de septembre à janvier, la CJC tenant sa réunion nationale en février 2010. Édouard Husson a accepté ce planning avec enthousiasme, en proposant une réunion en janvier et en évoquant des auditions soit en petit comité, soit devant le Conseil au complet ; il a également laissé entendre que d’autres auditions pourraient être réalisées si le calendrier était accéléré. Son planning est contraint par la nécessité de produire un rapport d’étape, idéalement pour fin Noël, en réalité vers début janvier 2010. Dans le cadre de ce rapport d’étape, Édouard Husson, qui organise en amont les travaux du Conseil, a aussi demandé "des éléments" à la CJC pour mi-novembre, afin d’en faire émerger des "propositions concrètes" en aval des travaux du Conseil. Les accords de planning, de même que la nature concrète des propositions de la CJC et les points de vue convergents entre Édouard Husson et la CJC sur la lecture des mobilisations de début 2009, du contrat doctoral et la nécessité de lier pratiques et moyens ont fait que le RDV s’est bien déroulé, surtout qu’Édouard Husson était content de trouver une organisation prête à faire des propositions concrètes à tous points de vue, ce qu’il a lié à la composition du Conseil, qui inclut des juristes [ah ?] et des personnalités du secteur privé (François a rapidement rappelé que la R&D des grandes entreprises était rapidement sabrée en période de contraction budgétaire). Il a évoqué la commission Supiot, en laissant entendre qu’elle avait déjà beaucoup dit, mais qu’il y avait "un problème de circulation de l’information" [sa remarque visait les universités, mais paradoxalement elle semblait aussi désigner la continuité des réflexions de l’administration centrale].

Édouard Husson a évoqué le site Internet du Conseil <http://www.enseignementsup-recherch...> , où trois types de contenus seront ajoutés aux rapports : des liens vers des sites Internet (la CJC sera rajoutée), des notes d’organisations extérieures, et une rubrique "Débats" pour réunir des contributions libres envoyées à . Il a demandé à la CJC de faire des fiches, "mêmes courtes", pour alimenter les notes et les débats. (François a proposé la fiche "Accompagner la contractualisation…" [qui doit être remise à jour].) Il a aussi voulu "passer commande" d’une fiche sur l’évolution des sciences du vivant au cours des dix dernières années, qui l’intéresse beaucoup (Vincent avait mentionné ce secteur pour montrer comment les pratiques peuvent changer). [Une fiche sur les SHS est envisageable.]

Édouard Husson a rappelé par deux fois que le contenu des rendez-vous était confidentiel. Il a indiqué être disponible pour intervenir à l’extérieur.

EMAIL DE FLORENT OLIVIER

[Envoyé à Emmanuelle et à François le 16 septembre 2009.]

Pour avoir le fond du discours CJC sur le sujet, hors ANCMSP (j’imagine que François sait ce qu’en pense l’ANCMSP, que ce soit Frédéric, Claire, Pierre ou Joël), je serai vous je contacterai rapidement par mail ou tel :
- Alban Cornillet (linguiste de Rennes 2 et ancien prez CJC) alban.cornillet@gmail.com 06..07.86.13.02
- Maiwenn Corrignan (sociologue de Rennes 2 et ancienne prez CJC) maiwenn.corrignan@gmail.com 06 63 55 12 33
- Eve Matringe (juriste de Strasbourg) evematringe@gmail.com

Ils vous donneront les meilleures pistes de discours construit au sein de la CJC sur ce sujet, passionant mais on ne peut plus vaste.

Jusqu’à présent, outre les questions de postes (et structure de l’emploi inappropriée, avec qq pontes et des foules de personnes sans labo, sans contrat, sans sécu, sans ordi...), la CJC intervenait essentiellement sur le besoin de moyens non pas "prime à l’excellence" mais "prime à l’effort" pour assurer les évolutions de structure et de mentalités nécessaires à l’amélioration des conditions de travail.
Petit rappel de l’expérience Jospin : démultiplier les financements a AUGMENTE le nombre de personnes en situation précaire (effet d’appel d’air et de légitimation de la précarité), donc ne pas se contenter d’un discours plus de postes. Toutefois le nombre de postes (statutaires mais aussi contractuels, et dans de bons types de contrats, pas en vacation ou libéralités...) est à évoquer (pas en premier pour ne pas effrayer et braquer votre interlocuteur, vraisemblablement d’une tendance politique assez UMP...), ne serait-ce qu’à cause :
- du taux de non financement (qui monte à des taux records dans certaines universités spécialisées SHS genre Stendhal à Grenoble ou Paris8 à St Denis) des chercheurs doctorants,
- de la pratique inique des "chercheurs associés" (ou comment comptabiliser les résultats du travail gratuit de chercheurs à qui on ne donne ni contrat, ni salaire, ni bureau, à peine l’autorisation de venir assister aux séminaires internes...),
- du risque particulièrement fort en SHS de voir la situation de l’emploi devenir encore plus catastrophique du fait de la démographie de ces disciplines et de l’effet attendu de l’application des modalités actuelles de recrutement sur leur pyramide des âges.

Bien sûr, il faut bien signaler dès le départ que la spécificité SHS est un non sens, que les SHS recouvrent des réalités extrêmement variées, du labo d’économétrie appliquée soutenu par une ou deux grandes banques - où les questions d’emploi et de conditions de travail sont tellement normalisées par rapport au reste de la société française qu’elles ne se posent pas - au labo de littérature comparée (ou d’histoire de l’art) où la notion d’emploi est tout simplement absente. [En principe, il vous sera répondu que bien sûr la situation est très variée, mais que c’est aussi le cas en SVT ou entre la physique et les mathématiques...]

Il faudrait rappeler que les politiques nationales et européennes ne distingue pas les SHS des autres disciplines mais tente de les valoriser de la même manière (en tous cas sur les politiques emploi et conditions de travail) : rappeler les principes contenus dans la Charte européenne du chercheur et dans le Code de bonne conduite pour le recrutement des chercheurs, et souligner l’intérêt pour les établissements (universités et écoles) à s’inscrire dans la démarche de la Stratégie européenne RH pour les chercheurs (Cf. http://www.eurosfaire.prd.fr/yre08/). C’est justement là où il y a des difficultés comme dans des établissements SHS que ces outils auraient le plus d’intérêt et d’impact !

Pour les emplois hors milieu académique et la valorisation de la recherche, il convient de signaler que tout est particulièrement bridé par une définition internationale : le manuel de Frascati, sur lequel repose la définition de la recherche et du développement au niveau fiscal. Ca a l’air de rien, mais derrière ce sont de grosses manes financières (le CIR notamment) qui ne sont pas applicables aux SHS, et du coup ça rend les innovations (et donc les emplois pour les chercheurs et personnes ayant une expérience validée de recherche et d’innovation dans ces domaines que sont les Dr en SHS) invisibles et par voie de conséquence dévalorisés (en nombre, en lisibilité et financièrement). Du coup, ça va avoir un impact très fort sur la place de la société française à l’avenir, dans l’évolution des puissances en recherche et innovation (difficultés à intégrer les innovations SHS dont organisationnelles, juridiques, normatives et culturelles dans la "société et l’économie de la connaissance" alors même que la Chine se donne les moyens de s’approprier la première puissance en recherche et innovation technologique et biologique...)

Et un gros point pour souligner que la proportion d’étrangers en situation délicate (administrativement ou financièrement) est particulièrement élevée en SHS. Voir les fiches en mode correction sur le Lab pour les chiffres et les recommandations. Il y a bcp à dire là !!

Tout ça n’est pas forcément à aborder dans cet ordre, mais vous avez déjà là qq bases CJC (et oui, ce n’est là que quelques souvenirs d’ancien prez CJC) pour discuter avec ce monsieur. Souligner bien qu’il a la chance d’être sur un sujet où il peut avoir une influence majeure tant pour les conditions de travail de ses collègues que pour le développement et l’avenir de ces disciplines ou l’avenir de la France (généralement, à ce poste, on aime bien se faire mousser).
Bref donner lui les enjeux JC, une image précise des problèmes et des pistes de solution CJC. N’hésiter pas à lui demander qu’elles sont les missions et capacité d’intervention dans la décision politique de ce conseil. Genre : osera t-il aller rencontrer le prez ou son conseiller Belloc pour défendre les difficultés pistes de solutions que vous lui soumettez ? Durée de son action ? Durabilité de ses fonctions au-delà d’un potentiel changement de ministre cet hiver ?

Amusez-vous bien ! N’oubliez pas le CR, ce sera intéressant.

Florent

DISCUSSIONS TÉLÉPHONIQUES, 16 SEPTEMBRE 2009

Alban (09 50 50 30 55)

1- Pas de position spécifique sur les SHS. Non-sens scientifique qui sert à justifier de mauvaises pratiques. Discours qui vient de "mondes clos" (ingénieurs sans connaissance de la recherche, chercheurs sans connaissance de l’ingéniérie).

2- Pas une position CJC, mais avoir en tête : ce qui caractérise la recherche, c’est d’inventer des outils. Théories, méthodes, concepts. Des approches des problèmes sociaux. Alors que l’ingéniérie utilise et adapte des outils pré-existants. En SHS, on forge des outils et on applique des outils ("ingéniérie sociale").

Le souligner aiderait à obtenir des partenariats : "je vais mettre au point une méthode qui correspond aux besoins". Facteur de créativité (tribune de Stiglitz dessus dans Le Monde, circa 16/09).

3-À la CJC, tout marche aux retroussage de manches. Pour faire avancer un dossier, il faut s’impliquer. Cela crée un effet d’entraînement : sur un dossier bien avancé où les rendements sont marginaux, plus de gens viennent aider.

Maiwenn (01 40 37 30 07)

1- "Conseillers doctoraux", "comités de thèse" : la CJC n’a pas creusé. Directeurs secondaires. Pour éviter le pire (harcèlements), revaloriser les directeurs fantômes (MCF sans HDR). Solution anti-anomie. Avoir des indicateurs d’évaluation, comme le nb de doctorants par encadrant.

2- Rajouter du fric mais pas n’importe comment. Principe de conditionnalité très fort à la CJC. Lier les moyens et les financements aux pratiques.

L’historique du problème : la CJC a commencé par chercher à régulariser les financements en harmonisant (contrat doctoral, combat contre les libéralités, prestations sociales pour les étrangers). Et maintenant, comment s’y prendre pour les non-financés ? comment augmenter les financements, l’encadrement, les poursuites de carrières, et réduire les abandons ?

Solution : augmenter les financements (allocations et postes, qui autorisent une carrière et un nb suffisant d’encadrants), mais lier le financement à l’amélioration continue des pratiques pour que les financements améliorent réellement la situation des jeunes chercheurs. Voir la fiche "Accompagner la contractualisation de tous les doctorants".

Le doctorat doit être une expérience professionnelle (contra les projets de doctorat-apprentissage, un terme que les patrons aiment à cause des BTS qu’ils forment), pour laquelle on est recruté (avec un réel entretien d’embauche sélectionnant les candidats ; la thèse n’est pas un projet uniquement personnel, atomisé et anomique : le recrutement implique que l’équipe du laboratoire propose un projet de recherche collectif et fournisse un financement et un encadrement collectif aux candidats retenus), et suivant laquelle on doit pouvoir poursuivre une carrière professionnelle (y compris dans l’ESR, il faut donc des postes ; et une formation continue qui s’y applique : formation à l’encadrement pour les encadrants, par exemple, et formations par les ED pour les doctorants).

Les établissement doivent être financés sur des projets, évalués, avec des bilans.