Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

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Communiqués ANCMSP sur les libéralités (octobre 2008)

Diffusé par l'ANCMSP le samedi 25 octobre 2008 · Imprimer

Mails envoyés par le bureau suite aux réponses d’abonnés à proposd es libéralités.

Bonjour,

Suite aux différents messages diffusés sur la liste générale à propos des "bourses" et "libéralités", le bureau de l’ANCMSP considère important de préciser et de réaffirmer un certain nombre de points.

— Tout d’abord, l’ANCMSP est parfaitement consciente que le problème des "bourses" et "libéralités" est intimement corrélé à l’insuffisance criante des financements en SHS et, surtout, des financements dignes de ce nom (véritable contrat de travail, salaire + droits aux prestations sociales). L’annonce par la ministre V.Pécresse de la suppression de 225 allocations MENRT pour l’an prochain ne fera que renforcer cette insuffisance et acculer les jeunes chercheurs à se rabattre sur des "bourses" ou, à renoncer purement et simplement à se lancer dans un travail doctoral.

Il n’est pas question non plus de supprimer les « bourses » qui étaient, au départ, uniquement prévues pour des défraiements de frais de séjour à l’étranger, de frais de transport, ou autre permettant de compléter utilement les revenus salariaux des doctorants. Le problème majeur est que ce qui était un complément financier est devenu un mode de financement de thèses.
L’ANCMSP se bat depuis des années pour que les doctorants soient financés de manière légale et décente, et souhaite que les institutions les encadrant (Ecoles doctorales, laboratoires…) prennent en charge la mise au point de dispositifs de recherches de financements légaux et décents.
C’est notamment le cas lors des débats qui ont lieu à la Confédération des Jeunes Chercheurs où certes, les représentants SHS sont peu nombreux et où les décisions sont dans ces conditions difficiles à faire valoir du côté "non-sciences de la vie et de la terre". Pour autant, le bureau se montre très attentif et actif sur la question du financement des doctorants, des doctorants non-financés et des doctorants étrangers qui font souvent les frais du "dumping social" ("bourses" données par leur pays d’origine pour un séjour dans un pays au niveau de vie largement supérieur) au sein de la CJC de manière à défendre leurs droits.

— Ensuite, la possibilité de cotiser sous forme de contributions volontaires aux différentes caisses de sécurité sociale telle que présentée par l’un des abonnés de la liste est largement conditionnée par l’obtention d’une "bourse" ou d’une « libéralité" suffisamment élevée pour pouvoir le faire. Or, il s’agit là de cas relativement rares en matière de libéralités, le montant des "bourses" étant souvent très en deçà des réalités économiques.

Pour indication, la structure-écran du Ministère des Affaires Étrangères, Égide, considère que pour vivre à Paris et se loger, 650 euros par mois suffisent. Si certains peuvent se le permettre, tant mieux [ou bénéficient d’apports extérieurs de ressources (personnelles ou familiales)]. Mais il ne s’agit en aucun cas de l’ériger en une généralité qui ne recouvre pas la réalité de bien des cas. À cet égard, il est également à noter qu’aucune personne non satisfaite de ses conditions de rémunération par libéralité n’a osé prendre la parole publiquement sur la liste (les raisons en sont assez évidentes). Les sociologues /politistes que nous sommes ne peuvent y voir-là simplement l’effet du hasard. Et ce d’autant plus que l’ANCMSP mène depuis plusieurs années conjointement à la CJC une enquête sur les Instituts français de recherche à l’étranger (pourvoyeurs importants de libéralités) à travers le MAE et que plusieurs témoignages de personnes ayant rencontré de très grosses difficultés pour se faire soigner, reconnaître leurs droits nous sont parvenus directement. Un autre point à considérer concerne l’impossibilité de faire valoir ces années rémunérées sous forme de bourse lors de l’embauche post-doctorat. En effet, sans contrat de travail en bonne et due forme ni de feuille de salaire, il est difficile voire impossible de prétendre voir ces années travaillées prises en compte dans la grille salariale ou dans les années d’ancienneté.

— Last but not least, L’ANCMSP s’applique à diffuser une information spécialisée sur le principe de l’accès libre et égal pour tous, et compte appliquer ce principe en toutes circonstances (à ce propos, l’ANCMSP rappelle qu’elle a vocation à faire circuler les informations au sujet de l’agrégation. Les informations concernant un concours national et celles sur les moyens de financement destinés à faire (sur)vivre des jeunes chercheurs pendant leur thèse ont peu en commun).

Pour cette raison, il convient que les abonnés souhaitant envoyer des annonces de "bourses" et "libéralités" le fassent entièrement, c’est-à-dire en expliquant qu’il ne s’agit pas de contrats réguliers de travail, et toutes les conséquences qui en découlent (cf supra).

Il s’agirait alors non pas de publicité (message travestissant la réalité pour vendre) mais véritablement d’informations. C’est pourquoi le bureau de l’ANCMSP persiste et signe : pas de publicité pour les libéralités !

Vous pouvez retrouver ce communiqué sur le site de l’association à l’adresse suivante :

http://ancmsp.apinc.org/Liberalites-le-communique-du

Cordialement,
Le bureau de l’ANCMSP


Bonjour,

J’ai une petite question pour le bureau de l’ANCMSP relative à sa politique de
diffusion de l’information : il y a quelques jours, le bureau enjoignait les
abonnés à ne plus diffuser d’infos sur les bourses et autres financements
qualifiés de libéralités car l’ANCMSP ne cautionne pas ce type de contrats.
Bien. Aujourd’hui, le bureau envoie une info sur le concours de l’agrégation, et
pourtant, si mes souvenirs sont exacts, plusieurs motions ont été votées contre
les modalités actuelles du concours. Pourquoi donc communiquer sur un concours
que l’association ne cautionne pas plus que les libéralités ?

Pour ma part, j’estime que plus l’info circule, mieux c’est, car l’égal accès à
l’information est LA grande réussite de l’ANCMSP.
Merci donc, si vous avez le temps, d’éclaircir la position de l’ANCMSP sur ce
qui me semble être une contradiction.
Bien à vous,

Marie-E Pommerolle


Bonjour à tous,

je rebondis juste sur le message de Marie-emmanuelle pour contribuer
au débat sur "les libéralités", sur les côtés positifs ou négatifs d’assurer une publicité.

En s’inspirant de la modération et de la volonté de dialogue du message récent de Mr Contamin sur l’AERES,
je pense qu’il est possible de souligner plusieurs points :

- Premièrement, une très large majorité de collègues seront d’accord pour défendre que l’allocation de
recherche nationale demeure l’un des modes principaux et des plus enviables pour financer sa thèse.

- Deuxièmement, néanmoins, une très large majorité de collègues sont aussi conscients que - seule une
minorité - de doctorants disposent de cette allocation pour faire une thèse, en raison notamment du nombre
limité d’allocations.

Dans ces conditions - statut enviable de l’allocataire de recherche mais pas forcément accessible à tous -
la question est donc, doit-on assurer une publicité autour d’autres possibilités de financements qui peuvent exister,
ce que d’aucuns nomment les "libéralités" ?

- Je pense qu’un troisième point, ici nécessaire, est de défendre très clairement que la situation préférée de tous le monde serait
évidemment l’augmentation nationale du nombre des allocations de recherche afin qu’elles soient accessibles au plus grand nombre.

- Quatrièmement, il est donc clair qu’en l’absence d’une augmentation du nombre des allocations disponibles, il existe un
risque réel que le recours aux "libéralités" pour financer sa thèse se développe, entraînant une plus grande précarisation du statut
déjà difficile de jeune chercheur.
Je pense d’ailleurs que le message du bureau de l’ANCMSP visait à défendre cette position qui condamne les tendances à la précarisation
accrue du statut et des perspectives des jeunes chercheurs, et dans ce sens, la pétition est tout à fait recevable.

Néanmoins, cela étant dit, permettez moi d’utiliser mon statut "sociologiquement situé" selon l’expression de Mr Contamin, pour contribuer à la
réfléxion. Comme vous le savez certainement, je suis doctorant à l’Institut Universitaire Européen de Florence, je dispose donc d’une "bourse" de thèse
et non d’une "allocation de recherche" même si celle-ci n’est pas de trois mais de quatre années.

En d’autres termes, je ne cotise pas suite à l’octroi de cette bourse au mérite, mais je dispose cependant d’une année de plus que les allocataires.
Je suis donc bien, selon la définition que l’on a voulu en donner, dans la catégorie des "libéralités".

L’IUE est l’institut de recherche en Europe accueillant le plus grand nombre d’étudiants de troisième cycle (environ 160 doctorants par année pour quatre départements, soit 640 étudiants tous financés sur quatre ans), et ce, dans des conditions matérielles et d’encadrements vraiment enviables. Doit-on cependant interdire la publicité autour des candidatures à l’IUE ?

Evidemment, la majorité des "libéralités" "précarisent" les jeunes chercheurs, mais d’un autre côté, si un étudiant peux suivre et soutenir une thèse
en effectuant une année de vacations, en obtenant une bourse sur projet puis en partant à l’étranger pour une année universitaire par exemple, est-ce forcément mauvais et récusable ?

Mon avis ici, demeure que chacun est libre de faire ce que bon lui semble, de considérer telle bourse comme le synonyme d’une précarisation parce qu’elle
ne permet pas de cotiser, ou au contraire, comme une opportunité qui permet d’évoluer et de continuer, même pour un temps déterminé, à vivre et à travailler par et pour la recherche et l’enseignement supérieur.
Travailler sans être "payé" et rétribué en termes de cotisations n’est pas forcément synonyme de "travailler au noir". La bourse de la Maison Française d’Oxford, celles du ministère des affaires étrangères, les projets du centre d’étude de la défense ou les possibilités de financer un terrain grâce à l’octroi
d’une "libéralité" sont-elles forcément mauvaises, pour le simple fait que, selon certains, elles ne seraient pas aussi prestigieuses que l’allocation de recherche ?

Je pense comme Marie-Emmanuelle que l’égal accès à l’information et l’échange de bons procédés est LA grande réussite de l’ANCMSP.

Espérons que cela le restera.

Bien à vous,

Mathieu Petithomme
Institut Universitaire Européen de Florence
Département des sciences politiques et sociales
Badia Fiesolana
Via dei Roccettini, 9
50014 San Domenico di Fiesole
Italie
Mathieu.Petithomme@eui.eu


Bonjour à tous,

Je voudrais rebondir sur ce qui a été dit pour appuyer totalement le contenu du mail de Mathieu Petithomme. Je suis moi-même titulaire d’une bourse de la DGA gérée par le CNRS d’une durée de trois ans, d’un montant honorable puisque supérieur à celui de l’allocation, avec laquelle je côtise à toutes les caisses de retraite d’assedics et autres. Ne serait-il pas injuste que les doctorants ne puissent avoir accès à l’information pour obtenir cette bourse ? Il est certain que certaines libéralités sont de la pure précarisation de la recherche, et que l’allocation reste la voie royale pour financer sa thèse, mais doit-on renoncer à la possibilité que de nombreux étudiants puissent avoir accès à une information et exercer leur libre-arbitre quant au financement de leur thèse de doctorat ?

Bien cordialement à tous,

Vincent Martigny

Doctorant en pensée politique
CERI/Sciences Po


Bonjour,
Le bureau de l’ANCMSP n’ayant pas répondu aux mels de M-E Pommerolle, de Mathieu Petithomme et de Vincent Martigny, je prends le risque de faire suivre une annonce concernant des bourses de recherche proposées par un organisme suédois (désolé, c’est en suédois !).
Afin cependant de ne pas causer d’ennuis judiciaires à notre association et à ses responsables, je m’empresse tout de suite de préciser que je transmets ce message (au contenu purement et simplement scandaleux) à titre d’illustration du type de financement qu’il nous faut absolument refuser. Vous êtes donc invités à ne pas suivre le lien suivant :
http://www.swea.org/interkulturellastipendiet28___1369.aspx
mais plutôt à vous rendre sur le site GALAXIE dont chacun a déjà pu vérifier le bon fonctionnement.
Cordialement,
Julien Navarro