Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

AccueilBureauParticipation à la CJC2007 : conventions collectives → Conventions collectives : état de l'avancée de (...)

Conventions collectives : état de l’avancée de la lutte

Diffusé par l'ANCMSP le vendredi 2 mars 2007 · Imprimer

Super mail de Florent qui résume tout...

Sujet : [agora] reconnaissance dans les conventions collectives

Date : Fri, 2 Mar 2007 11:05:06 -0800 (PST)

De : Florent Olivier

Répondre à : agora@cjc.jeunes-chercheurs.org

Pour : agora CJC

Op là !!

Mail long mais important sur la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives et les relations CJC/syndicats. Puisque le sujet n’a pas été abordé en CA, il est important d’en parler lmargement sur agora@ maintenant.

Je viens de recevoir le courrier suivant. Il semble qu’ils aient essayé de l’envoyer également à Maiwenn, mais se sont plantés dans l’adresse (carrignan).

Maiwenn, es-tu au courant ? Y vas-tu ?

Pour le vocabulaire, ICT, dans le jargon de l’UGICT, ça signifie "ingénieurs, cadres et techniciens".

On résume :
Nous sommes tous deux invités à participer au congrès de l’UGICT-CGT du 27 au 30 mars à Marseille, pour participer à un échange sur "l’engagement militant des jeunes" le 28 dans la matinée, devant des représentants de toutes les branches de l’UGICT, c’est à dire des représentants de cadres de la plupart des grosses entreprises, services publics et secteurs économiques.
Les autres personnes en copie sont respectivement Bruno Julliard (secrétaire génral de l’UNEF si par hasard quelqu’un ne le connaissait pas), deux responsables de "génération précaire" (qui revendiquait contre l’exploitation des jeunes par les stages systématiques non rémunérés) et le sociologue.

Ce sociologue mène une enquête sur l’engagement militant pour l’UGICT qui se pose des questions sur le renouvellement de ses membres. Notons que la méthode est assez discutable (illustration par des entretiens avec 5-10 personnes repérées dans les media et les relations avec l’UGICT). Maiwenn et moi-même devons être interrogés sur nos motivations personnelles pour notre engagement à la CJC... No comment.

Seul détail : il n’avait pas été précisé un lien direct entre cet entretien et la présence de la CJC au congrès de l’UGICT. Je souhaitais au départ que ce ne soient que des djeunz qui aillent à ce congrès, c’est loupé sous cette configuration...
Toutefois on doit pouvoir se débrouiller pour faire venir 1 (ou 2 si locaux) autres jeune(s) chercheur(s) CJC désireux de s’impliquer dans les relations avec les syndicats. Qui est intéressé ?


bsalandre wrote :

From : "bsalandre"
To : , <michel.vakaloulis> ,
<florent.olivier> , <maiwenn.carrignan> ,
,
Subject : débat sur l’engagement chez les jeunes ICT au15e congrès de l’ugict
Date : Fri, 2 Mar 2007 12:31:54 +0100

Bonjour,

Nous te confirmons la tenue, dans le cadre du prochain Congrès de l’UGICT d’un débat sur l’engagement chez les jeunes ICT auquel tu as bien voulu accepter de participer.Celui-ci se tiendra le mercredi 28 mars de 10h30 à 12h.Les frais occasionnés seront bien entendu pris en charge par l’UGICT.Pour les informations pratiques,nous t’invitons à aller à partir du site de l’UGICT,sur le blog du congrès puis sur le blog de caroline accès privé ;login :XXXwww.

Bien amicalement.

Pour l’UGICT b salandre


J’en profite pour ajouter que l’UGICT demande une date de rdv à la CJC depuis près de deux mois pour définir ensemble comment poursuivre notre collaboration et surtout quelle stratégie poursuivre pour la reconnaissance du doctorat dans les HFP et les conventions collectives. Il serait bon que la CGT utilise son poids pour amener les autres syndicats à se prononcer également sur le sujet (ce qui n’est pas le cas pour la plupart à ce jour).

Idée personnelle : on pourrait leur suggérer de proposer aux autres confédérations nationales de co-signer une tribune (que pourrait proposer la CJC) dans un quotidien national bien lu par des responsables politiques et économiques dans laquelle tous les syndicats se déclareraient en faveur de la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives et les fonctions publiques, avec reconnaissance de l’expérience professionnelle systématique dans les reconstitutions de carrière, et demanderaient l’ouverture d’une table ronde des partenaires sociaux sur le sujet, selon les termes de la loi sur la recherche d’avril dernier. Une telle tribune pourrait s’appuyer sur les écrits de Mme Parisot, présidente du Medef (j’y reviens plus loin), qui pourrait, pourquoi pas, y être associée.

Il y a la question du timing à discuter. Ce serait très fort avant l’élection présidentielle, mais je ne sais pas si on pourra faire prendre position à tous les syndicats (CFDT, CFE-CGC, FO et Sud en tous cas) d’ici là...

La CFE-CGC, par exemple, a été invitée par l’ANCMSP à une journée pour les doctorants de sciences politiques (puisqu’ils ne s’en sont pas vantés, je les dénonce : ils ont très bien fait, merci à eux). Pour mémoire CGC = confédération générale des cadres (donc a priori, ça concerne les Dr). Cette fédération était représentée par son responsable "formations" qui est la personne qui s’occupe de négocier cette partie-ci des conventions collectives, justement. Il a commencé son intervention en s’excusant de n’être que ... bac+2 (ça s’appelle le poids d’une génération). Et la suite était simple : il ne connaissait pas du tout la problématique.

Cherchant à discuter avec lui, il a signalé qu’un "M. Walter" en interne connaitrait peut-être le sujet. Il m’a laissé ses coordonnées et demande à ce que nous lui proposions un rdv auquel viendrait ledit M. Walter, afin de discuter et d’envisager ce que la CFE-CGC pourrait faire.
Vu la thématique, faire dire à la CFE-CGC que le doctorat c’est bon mangez-en, ça aiderait franchement.

Qui est intéressé pour provoquer un tel rdv et aller les rencontrer ? (courtoisie assurée)

Dans cette veine, au cours de discussions avec M. Bolzinger (secrétaire général de l’UGICT), celui-ci m’a indiqué qu’il serait utile que nous contactions directement la CFDT au niveau confédéral. Il m’a recommandé de contacter (en son nom) directement François Chérèque (mais celui-ci est très occupé) et Mme Anousheh Karvar, du bureau national de ce syndicat, qui serait à l’écoute d’une telle demande et saurait la faire passer.

Quelqu’un pour contacter et provoquer une rencontre avec la CFDT ?

Pour FO et Sud, je ne m’en fais pas trop personnellement. Sur un tel sujet, ils ne peuvent qu’applaudir des deux mains (ou alors ce serait être simplement contestataire dans l’âme, qui sait). Et surtout ils avaient des représentants à la conf’ du 16/02, et sont sensibilisés à la question. Mais c’est pour ces syndicats, notamment, que la CGT pourrait aborder le sujet en intersyndicale.

A propos, on m’a signalé que la CJC avait été ajoutée en tant que telle (et non plus seulement les adresses de quelques dinos) sur la liste de l’intersyndicale, ce qui fait que nous sommes (en principe) au courant de ce qui se passe (invitations aux réunions et CR). La coord, vous pourriez confirmer qu’on reçoit bien ces courriers depuis un-deux mois maintenant ?
Qui est intéressé pour aller de temps en temps à l’intersyndicale pour faire comprendre aux syndicats qu’on veut vraiment qu’ils prennent position en faveur de la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives et les HFP ?
Aller à ces réunions, c’est découvrir un autre monde. Profitez-en, pas besoin d’avaler de pillule magique !

Pour faire évoluer les conventions collectives, il faut que non seulement les syndicats s’accordent, mais aussi qu’il y ait une volonté du côté patronnal.

- Le syntec (syndicat de l’industrie du conseil) s’est déclaré plutôt contre la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives, préférant valoriser les compétences développées au cours de cette expérience professionnelle, et propose plutôt l’ouverture du contrat de professionnalisation aux doctorants pour faciliter des financements de recherches doctorales par le secteur privé hors CIFRE (ie sans la contrainte académique !). NB, le syntec est membre du Medef, dont il a coloré le discours, mais n’est pas tout puissant sur le sujet. Outre la Chimie (seule convention collective à reconnaître le doctorat correctement, du fait d’un besoin de cette industrie de la recherche dès les années 50s...), le syntec est toutefois la seule branche à s’être interrogée sur la question.

- Le ministère nous renvoit vers les discussions en cours avec UIMM (la toute puissante union des industries et métiers de la métallurgie, force essentielle du Medef, jusqu’à juillet 2006 avec l’élection de Mme Parisot qui vient des services). Cette piste est franchement ridicule. Si l’UIMM a un grand pouvoir d’exemple et d’entrainnement, sa réputation est plutôt d’être hyper-conservatrice, et est le symbole même de l’industrie des ingénieurs. Pour eux, une telle reconnaissance sonnerait une déclaration de guerre, ce qui serait inopérant et est hors de propos. Elle s’est clairement déclarée contre la reconnaissance de quelque diplôme que ce soit dans les conventions collectives, alors le doctorat, vous imaginez ! L’UGICT nous a proposé depuis un an et demi déjà d’assister à certaines des rencontres en cours avec l’UIMM (oui, ça dure, car bien sûr ils ne sont pas d’accord entre eux). Probabilité d’avancer sur cette piste, quasiment nulle actuellement à mon avis. Pour les faire changer d’avis il va falloir miser plutôt (avis personnel) sur une prise de position du Medef dans son ensemble (et ça, un travail de fond et le hasard des élections est en train de le permettre) et une évolution des mentalités des entrepreneurs membres, ce qui passe par un effort de comm en cours de préparation au Medef, mais dont il serait bon d’assurer l’élargissement.

- La CGPME n’a pas de position sur le sujet, mais y est par avance hostile (sic) car elle reste sur l’ancienne doctrine du Medef : supprimer toute reconnaissance collective, pour favoriser la rémunération au mérite (ie chacun doit négocier son salaire selon ses compétences perso, un diplôme n’étant pas une preuve de compétences). Dans cette logique l’aspect "individuel" des caractéristiques des compétences développées en cours de doctorat limite encore la possibilité de discuter de la reconnaissance. Il faut rappeler que les PME sont un coeur de cible de la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives, du fait du creuset d’emplois inexploité qu’elles représentent (cf le discours de Tobélem sur la croissance des entreprises, ou celui largement répandu de la place méconue de l’innovation dans ces entreprises). Bref, il y a du boulot de ce côté, surtout que la CGPME a un mode de décision qui limite grandement notre effort potentiel d’influence. En tous cas là je n’ai pas d’entrée efficace à suggérer. Autant commencer par assurer avec les autres partenaires sociaux avec lesquels nous pouvons à peu près nous mettre d’accord.

- Croissance+ et autres Club des Jeunes Dirigeants ne sont pas contre l’idée, mais y voient une contrainte supplémentaire (et ils n’aiment pas les contraintes, du tout) sans forcément y voir trop leur intérêt. Ils comportent néanmoins des personnalités "activables" pour soutenir la reconnaissance du doctorat, et sont relativement influençables (genre par le Medef, quelques grandes entreprises, notamment dans le médicament, ou via l’Institut Montaigne).
Il serait d’ailleurs très bon pour la reconnaissance du doctorat dans le secteur privé que l’on fasse rédiger une note sur le sujet à cet Institut... Un volontaire pour cotoyer MM Belloc et Manière ?

- Enfin, last but not least, le Medef a fait évoluer considérablement son discours ces derniers mois. Comme précisé ci-dessus, le discours originel était clairement hostile. Le changement de présidence a impliqué une évolution des rapports de force interne qui nous est favorable. Ainsi Mme Parisot (DEA de ScePo Paris) valorise aisément le doctorat et les compétences pour l’innovation. (D’aucun de ses collaborateurs affirme qu’elle se déclarerait volontiers elle-même Dr). Dans son entourage proche plusieurs sont Dr, dont Hugues-Arnaud Mayer, vice-président du Medef.
En autres termes, par le biais de quelques personnalités que le hasard a plutôt bien placé pour nous, des personnes convaincues que c’est par l’innovation que l’économie du pays se développera (merci le processus de Lisbonne et l’Union européenne), le Medef est plutôt favorable à une discussion de la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives. Ainsi peut-on lire, dans le livre dirigé par Laurence Parisot, Besoin d’air, publié fin janvier 2007, et semble t-il sur sa demande personnelle, à la page 56 :

" On pourrait aussi favoriser les parcours des doctorants vers l’entreprise, via une meilleure reconnaissance de leur statut dans les conventions collectives des branches professionnelles, mais surtout en étandant à leurs cas particuliers les modalités du contrat de professionnalisation et du contrat d’apprentissage. "

=> La CJC peut-elle ajouter cette citation en exergue sur la page d’accueil de son site web ?
En effet, comme montré précédemment, ce n’est qu’un "courant" qui a permis d’écrire cette phrase, qui risque fort de tomber dans l’oubli si jamais nous ne la reprenons pas et l’utilisons dans notre argumentaire. Ne pas l’utiliser serait vraiment aller contre nos intérêts. Nous avons l’accord du Medef pour cette citation (via Patrick Schmitt, son permanent responsable de l’innovation et de la recherche).
Notez au passage que cet extrait, signé LParisot, va nettement plus loin que le plan pour l’innovation présenté par Charles Beigbeder (président de Poweo, responsable de la commission innovation-recherche au Medef), qui est l’émanation d’un consensus interne, ce qui montre qu’il faut bien soutenir la proposition de sa présidente.

=> L’Andès travaille à poursuivre une collaboration pour favoriser une diffusion de cette idée parmi les entrepreneurs membres du Medef.

Conclusion de tout ça,
================
La CJC a actuellement essentiellement un travail de pédagogie (soyons plus francs : de persuasion) à effectuer auprès des syndicats, et un travail de valorisation du doctorat via l’apport que sont ses compétences à une entreprise au travers sa comm.

Qui veut aller à la rencontre des syndicats ?? (euh, vous en faites pas, on ne débarque pas la fleur au fusil non plus, il s’agit au départ d’y aller accompagné d’une personne expériementée par ce genre de rencontres).

Une liste de diffusion existe pour ce type de sujet (mais ne bouge malheureusement pas) : emploi-scientifique@. Pierre, tu reprends l’animation de cette liste (il y a du travail de fond à produire ;-), comme tu l’avais suggéré en CA ?

Cordialement,

Florent