Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

CR CA Nantes Mai 2005

Diffusé par l'ANCMSP le mai 2005 · Imprimer

CR réalisé par mail par Ivan

Avec Elise Cruzel, la Vice Présidente de l’association nous nous sommes rendus au CA de la Confédération des jeunes chercheurs (CJC). L’Ancmsp participe à la CJC. Dans les faits la CJC est une association peuplée principalement d’associations de sciences dures (biologistes essentiellement).

Une bonne nouvelle ! Nous avons été rejoint par Aspasie, une association de politiste de Aix dont fait partie Julien Scolaro. Aspasie (dont je passe vite sur la signification oh combien ridicule du sigle…Association de science politique aixoise de solidarité interétudiante) a brillamment obtenu son adhésion à la CJC. Une leçon à en tirer cependant : la stratégie d’affichage de liens entre les associations locales de politistes et l’Ancmsp pose problème. Certains membres de la CJC s’en méfient. Le jeune représentant de l’Aspasie, Hervé, s’est ainsi vu passé à la question par un odieux CJCiste (Alban Cornillet). Morceau choisi : « A la CJC, la culture c’est le consensus et la participation. Est-ce qu’il y a des choses qui dans les positions de la CJC qui vous posent problème ? ». Une manière de le mettre à l’aise et de lui souhaiter la bienvenue sans doute. Accueil d’autant plus remarquable que cette question n’avait pas été posé à une autre nouvelle association de Télécom Paris souhaitant adhérer. A côté de Alban Cornillet, les stals feraient presque figure de démocrates. Pour ceux qui ne le connaisse pas, Alban est atteint d’une pathologie grave : la haine de soi. Inscrit en lettres, il déteste le « laxisme » des SHS. Il souhaite les mettre au pas

Puis après les embrassades, les yous yous et autres rituels de bienvenu au nouveau, on passe aux choses plus sérieuses. La Loi d’orientation et de programmation de la recherche (Lopr) et la réforme des écoles doctorales sont décrétés priorités de la CJC. Viennent ensuite l’emploi scientifique et les libéralités.

Sur le plan de la Lopr, la CJC enjoint ses membres à aller en parler à leurs parlementaires et ce au motif que « le rôle essentiel d’un parlementaire est de s’exprimer ». La CJC fournit régulièrement d’ailleurs des parties complètes de programme pour des partis politiques sur la thématique des jeunes chercheurs (cf : le PS au Congrès de Rennes…). Et, ce sans exclusive même si c’est le plus souvent à gauche…

La CJC travaille avec la Direction de l’enseignement supérieur (M. Courbebaisse) sur la réforme des écoles doctorales. Le projet de réforme des ED devrait être envoyé par la DES dans quinze jours. Courbebaisse ne verrait pas d’un mauvais œil les notions de « démarche qualité, de processus de recrutement et de responsabilisation des acteurs locaux » (sic.). Mais plus emmerdant encore pour nous ! Pour peaufiner la réforme de la thèse dans le cadre de l’arrêté de 2002 (cf : dernier système D), la CJC souhaite en effet codifier les critères d’attribution des allocations de recherche dans le cadre de la réforme des écoles doctorales. Leur proposition s’inscrit dans le cadre d’un « référentiel de compétences » ou de « professionalisation » qui constitue un vieux projet chez eux. En gros, il s’agit de lister les compétences qu’est censé maîtriser un homo doctorus dans lequel ils croient avec ferveur. « Il s’agit d’identifier les compétences pour les vendre sur le marché du travail. Il faut une grille… On a des compétences d’adaptabilité, des compétences relationnelles… », précise Sophie Rapnouil de D2R2 (association de Rennais oh combien pittoresque à laquelle appartient Cornillet et une présidente encore plus conne que lui qui vaut le détour à elle seule)

Ils proposent un système très rigide où le laboratoire (ce qu’il appelle équipe d’accueuil) serait tout puissant et définirait tout jusqu’au sujet du doctorant. Leur approche n’est pas de penser que le doctorant construit son objet mais qu’il a déjà fini sa thèse avant de l’avoir commencé. « Il faut tout prévoir » martèle la présidente de l’association rennaise. Leur idée est d’éviter de la sorte ce qu’elle baptise « le gaspillage de l’argent public ». Pour ce faire, ils veulent organiser une procédure nationale de sélection des allocataires. Dans leur proposition, l’individu et la « prime au mérite » s’effaceraient –du moins le pensent-ils - derrière le projet du candidat. C’est une réforme que conduit le plus illuminé des CJCistes, à savoir Alban Cornillet… Lors de discussions, il présente un texte ficelé. Comme à son habitude, toute remise en cause est évacuée au nom d’anciennes positions de la CJC. A de multiples reprises, il s’efforce de recadrer le débat sur la seule question de l’attribution de l’allocation au motif que le recrutement a été traité il y a deux CA…

Suggestion : La discussion sur les propositions de Cornillet va s’ouvrir d’ici peu sur internet au sein de la CJC. Il serait bon que l’on essaie de proposer un autre texte. Il y a un petit potentiel de critiques (petit, le potentiel…) car certaines personnes (mathématicien, juriste…) étaient moyennement chaudes sur la mise au norme des critères d’attribution des allocations. L’idéal serait de partir de son texte en en enlevant les plus grosses conneries.

Pour discuter le texte, on peut envisager de collaborer avec Aspasie afin que ces derniers le fassent éventuellement passer par Déclic, une association aixoise de sciences dures moins susceptible de se faire taxer de gauchisme que nos deux assocs de politistes. On pourrait élaborer un texte médian et un texte de bourrin pour que Declic fasse passer le texte médian. Mais c’est à voir avec Aspasie et cela dépendra de savoir si l’on trouve utile de pondre un texte.

La CJC critique les libéralités accordées aux étrangers dans le cadre des bourses du Ministères des affaires étrangères (bourse Egide). Elle va entreprendre un travail en préfecture sur les titres de séjour. Ils veulent mettre en place un sondage sur les conditions d’accueil des doctorants étrangers. Ce point est plutôt une bonne idée sauf qu’ils prennent le problème par le petit bout de la lorgnette sous un angle très juridique et ne s’attache qu’au titre de séjour. Mais enfin, bon, pour une fois qu’une de leurs idées n’est pas trop conne, on ne peut que s’en féliciter. Wait and see.

Pour ce qui est de la proposition d’organiser la prochaine AG à Strasbourg, cette idée a été rejetée. Les Durs, association de juristes strasbourgeois (avec laquelle l’Ancsmp travaille parfois) qui avait eu proposé de s’en charger avait eu la présence d’esprit de ne pas être présente. Finalement l’Ag devrait se faire à Paris. Il est probable qu’ils cherchent à nous associer à cette organisation. Ce qui me semble être plus qu’embêtant car c’est très chiant d’organiser ce genre de trucs… En gros il faut trouver 3000 euros de financement environ (avec l’aide de toutes les autres associations parisiennes).

Sinon la CJC réfléchit aux problèmes d’argent. Le bilan de la trésorière donne un bilan de trésorerie négatif de 200 euros. Ils ont ce qui s’appelle une cellule fric qui passe son temps à proposer des moyens plus ou moins légaux de récupérer du pognon (vente de produits dérivés, droits d’auteur d’un pauvre bouquin sur les logiciels, projet de création d’une fondation de mécénat, partenariat sur le modèle des thésards de Stanford autour d’une BD du nom de PHD Comics). On croit rêver par moment… C’est un peu ça, la CJC. C’est que du bonheur…

Enfin, Il y a des pistes à creuser pour le prochain Système D pour enquêter sur la galaxie de la CJC (Futuris, l’ABG, la GDD, l’Andès…) afin de montrer à nos lecteurs comment le Medef a pris le pouvoir dans les assos de doctorants.

Ivan.