Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

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Première Fiche critique sur la LAU : une approche globale ?

Diffusé par l'ANCMSP le mardi 15 décembre 2009 · Imprimer

1. Diviser pour mieux régner : la méthode de concertation en trompe l’œil du gouvernement

A. Une concertation menée tambour battant

Retour sur le calendrier de travail des négociations avec les partenaires.

B. Les pistes de réflexion mises de côté par le gouvernement :

-  Retour sur la définition des enjeux stratégiques concernant l’Enseignement Supérieur et la Recherche.

Les enjeux définis par le gouvernement pour la réforme des Universités : des enjeux ambitieux et de taille.

° L’amélioration des performances des Universités françaises dans la compétition mondiale.
° La mise en visibilité des pôles de recherche des établissements français sur le marché mondial de l’économie de l’innovation.
° La redéfinition des missions de l’Université : l’insertion professionnelle des étudiants sur le marché de l’emploi une mission devenue prioritaire pour l’Université

La définition de l’Autonomie et ses implications sur le système des services publics français : une autonomie en trompe l’œil mais une véritable « casse » du service public français.

L’Autonomie prônée par le Gouvernement est fondée la même conception réductrice qui est fondement des politiques de décentralisation, menée en 2001 par RAFARIN, dans lesquelles l’Etat accorde un certain nombre de compétences et de responsabilités au nouvelles aux collectivités territoriales. Ces dernières ont donc des marges de manœuvre pour développer une autonomie politique plus importante face à l’Etat. C’est un point positif, qui permet de faciliter l’adaptation des décisions et les actions politiques des collectivités locales aux profils et aux besoins propres de leurs territoires.

Mais ces politiques de décentralisation n’accompagnent pas la mise en place de ce principe d’autonomie, par des mesures et des ressources financières suffisantes, permettant de la mettre en œuvre de manière homogène sur le territoire français. En ce sens, l’autonomie prônée par le gouvernement est une vraie attaque contre le principe républicain de l’égalité d’accès au service public sur tout le territoire français.

Cela aboutit donc à créer une décentralisation à deux vitesses et permet de renforcer le creusement des inégalités entre les territoires français. Cela permet d’une part, de creuser le fossé entre des régions, à faible potentiel économique, où les collectivités territoriales n’auront pas une marge de manœuvre financière assez importante, pour améliorer le développement des services publics territoriaux, et des régions à fort potentiel économique, qui disposeront de marges de manœuvre suffisantes. Cela permet d’autre part, de réduire l’égalité d’accès aux services publics pour les habitants d’un territoire à moindre potentiel économique.

L’autonomie des universités est fondée sur cette même conception réductrice, qui aboutit à renforcer les inégalités entre des établissements universitaires à fort potentiel, situés dans des régions dynamiques économiquement, et des établissements universitaires à faible potentiel, situés dans des régions plus défavorisées. Cette logique aboutit donc à créer un système d’Enseignement supérieur et de Recherche public à deux vitesses.

Le principe d’une autonomie des Universités n’est pas forcément un principe inintéressant en théorie, mais c’est la façon de concevoir sa mise en œuvre qui pose problème. Mettre en place une autonomie sans octroyer les moyens financiers suffisants aux régions et aux zones, ou aux établissements universitaires défavorisés, c’est attenter au principe républicain de l’égalité du droit d’accès au service public sur tout le territoire.

Penser l’autonomie des Universités c’est aussi penser les conditions de faisabilité de cette autonomie, au regard des inégalités sociales, et économiques qu’elle risque d’engendrer sur le territoire français. Penser l’autonomie des Universités c’est donc avant tout penser les conditions du maintien d’un véritable Service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche sur tout le territoire national. Penser l’Autonomie des Universités, c’est donc refonder le rôle et les responsabilités de l’Etat dans la mise en œuvre d’un Service public adéquat et conséquent.

Nous considérons que le principe d’Autonomie prôné, par le Gouvernement à l’heure actuelle, est un principe qui renforce le désengagement financier et politique de l’Etat dans la mise en œuvre d’un véritable Service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, respectant le principe d’égalité des chances de tous les citoyens.

La définition de l’Autonomie des universités dans la réforme des universités de PECRESSE :

L’autonomie des Universités est fondée sur :

° sur la modification du système de gouvernance interne aux établissements universitaires public :
-  renforcement du poids de l’autorité administrative, le président de l’Université au détriment des autres composantes et personnels de l’Université
-  le renforcement d’un modèle peu démocratique et fondé sur les réseaux locaux, et l’ arbitraire de l’autorité administrative.
-  une moindre influence des disciplines les moins dominantes dans le système de gouvernance au sein des conseils centraux.

° sur le renforcement des missions gestionnaires de l’Université :
-  gestion du patrimoine immobilier de l’Université.
-  gestion des ressources humaines : procédures de recrutement, création de CDD pour des postes de contractuels de la Fonction publique.
-  gestion des ressources financières propres à l’Université : possibilité de faire appel à des ressources financières des organismes privés, et plan de contractualisation afin de mieux gérer les ressources attribuées par l’Etat.

° sur la capacité des établissements à se regrouper pour fonder des PRES, permettant une meilleur visibilité des pôles de compétitivité de recherche des universités françaises au niveau international.

C. Les gros manques de réflexion de la communauté universitaire et scientifique.

Si les revendications et les propositions des différents partenaires (syndicats étudiants, syndicats de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) n’ont pas été prises en compte par le gouvernement, c’est selon nous, pour deux raisons principales.

La première raison est due au conflit qui persiste entre les visions politiques du gouvernement et de la communauté universitaire et scientifique dans la façon de concevoir :
-  les missions de l’Université
-  les conditions de faisabilité de l’amélioration des performances des pôles de recherche des établissements universitaires publics

La deuxième raison est celle d’une incapacité des acteurs universitaires et scientifiques à fonder une vision politique constructive et alternative commune, pour proposer d’améliorer le système universitaire français actuel. Il s’agit de fonder une approche globale, différente de celle proposée par le Gouvernement, qui est fondé sur une vision réductrice.

D’une part, cela est du à un premier manque de réflexion et une moindre concertation des acteurs universitaires, sur la définition des missions de l’Université, et les moyens d’adapter le système universitaire actuel à des impératifs du marché de l’emploi. Cela dénote une moindre anticipation des problématiques qui forcent le système universitaire à s’adapter au vu du contexte européen, et international.

D’autre part, cela est du à un deuxième manque de réflexion, sur les mécanismes de l’innovation, la définition claire des critères d’excellence scientifique, la valorisation et la diffusion des critères de innovation de la recherche publique dans les autres sphères de la société. Cela dénote le manque de réflexion des acteurs universitaires et scientifiques pour développer des échanges constructifs avec les différentes composantes de la société actuelle (entreprises, administrations publiques, organismes de recherche publics et privés) d’une part, et avec les différents pays étrangers, dont notamment les pays de la communauté européenne. On ne peut que regretter un vision étriquée de la recherche, qui renforce les phénomènes de localisme, et le peu d’ouverture de la recherche française, aux dynamiques de la recherche internationale dans un certain nombre de discipline, notamment en SHS.

Des pistes de recherche à creuser au sein de la communauté universitaire et scientifique :

-  la définition des missions de l’Université : de la transmission des savoirs à l’insertion professionnelle des étudiants dans le marché du travail

° la transmission des savoirs et la place des dynamiques de la recherche dans les Universités : quels sont les missions prioritaires de l’Université ?

Les missions prioritaires de l’Université : la transmission des savoirs et le développement d’une recherche publique fondamentale performante et solide

La mission secondaire des Universités : l’insertion professionnelle des étudiants et des doctorants dans le monde du travail.

° le problème de l’insertion professionnelle des étudiants et des doctorants dans le marché de l’emploi :

-  l’adaptation des cursus universitaires, et le problème de l’encadrement des étudiants.

Rappel : les Universités n’ont pas vocation à permettre d’améliorer l’insertion professionnelle des étudiants, mais peuvent avoir vocation à valoriser les savoirs transmis en savoirs faire et en compétences professionnelles (mouvement qui a déjà été entamé dans les Grandes Ecoles, et les instituts spécialisés d’enseignement).

Des mesures doivent donc être prise d’urgence pour refonder le système d’encadrement des étudiants afin de leur permettre de construire un projet professionnel viable, d’identifier les débouchés professionnels possibles des filières qu’ils choisissent, et d’adapter certains cursus, afin de permettre d’améliorer la transmission des méthodes qui pourront permettre de développer des compétences professionnelles dans le monde du travail. Cela est particulièrement valable pour des disciplines, qui peuvent être vouées à disparaître, telles que la philosophie, les lettres classiques, l’histoire. Chacun d’entre elles développent des méthodes spécifiques, qui permettent d’assurer la rigueur d’analyse, et la capacité à développer une vision globale des problématiques de sociétés.

L’adaptation des cursus universitaires : des pistes de recherche alternatives à celles proposées par le gouvernement.

1. En ce sens, il ne s’agit pas de modifier le contenu des cours, mais de pouvoir donner la possibilité aux étudiants de diversifier leur cursus, en cumulant des combinaisons de cursus (exemple : philosophie et droit), afin de faciliter l’insertion professionnelle des étudiants sur des débouchés professionnels plus variés.

2. Renforcer l’apprentissage des méthodes, qui pourront permettre l’approfondissement des capacités d’adaptation des étudiants au monde du travail. Les méthodes ne font pas l’objet de séminaires et de suivi, assez importants et réguliers dans les Universités, et dans certains cursus. Ce sont pourtant les atouts privilégiés des universités par rapport aux autres cursus plus « professionnalisant ». Cela est principalement du dans certaines disciplines, et dans certains cursus, au choix effectué par certains enseignants chercheurs, de se consacrer à la recherche plutôt qu’aux charges d’enseignement auprès des étudiants. Ces séminaires méthodologiques consisteraient à renforcer la rigueur d’analyse et de synthèse des étudiants à travers l’approfondissement des techniques de maîtrise de méthode de la dissertation au sein de séminaires réguliers de travail, le développement de séminaires méthodologiques sur la méthode de la note de synthèse, le développement de séminaires sur la méthologie de la recherche. Ces séminaires doivent être mis en place dès le premier cycle. Ce sont ces atouts qu’il s’agit de mettre en avant pour valoriser les compétences des étudiants, dont les cursus de ne sont pas considérés comme « rentables » d’un point de vue économique. Cela exige des enseignants chercheurs disponibles pour encadrer les étudiants, et une refondation du lien entre activités d’enseignement et activité de recherche, qui ne soit fait pas au détriment du développement des dynamiques de la recherche publique. Cela exige donc une véritable réflexion sur la répartition des charges d’enseignements et des charges de recherche d’un enseignant chercheur tout au long de sa carrière, et sur les possibilités de mobilités des enseignants chercheurs des universités vers les grands organismes de recherche, durant une période déterminée de leur carrière.

-  l’adaptation du troisième cycle, la « professionnalisation » du doctorat, et l’encadrement des doctorants :

° le problème de l’encadrement et des formations doctorales proposées par les ED, et par les équipes d’accueil : une inégalité des doctorants selon les dynamiques mises en œuvre dans chaque ED, et dans chaque équipe.

Il s’agirait d’évaluer et d’harmoniser les pratiques de formation dans les ED d’une part, et d’autre part, de développer des programmes d’échange qui permettent de diversifier les débouchés professionnels ( relations ED-entreprises, relations ED- administrations publiques). Le rôle des Ecoles Doctorales doit donc être clarifié, et évalué sur des critères et une grille d’évaluation commune sur tout le territoire national.

Il s’agit aussi d’inciter les équipes d’accueil, et les ED à animer des séminaires de méthodes, et de formations, plus réguliers dans le cursus du doctorant.

° le problème des sources de financements : la réduction du nombre de bourses allouées pour les SHS, et les possibilités de diversification des modalités de financement de la thèse.

Il s’agit ici de responsabiliser à la fois l’Etat pour qu’il augmente le budget accordé à la recherche publique, pour effectuer des thèses dans des disciplines peu rentables, et de responsabiliser aussi les équipes d’accueil des laboratoires, pour qu’elles aident les doctorants à monter des projets de recherche susceptibles d’être financés, soit par l’Université (allocation recherche), soit par des organismes publics ou privés différents (ANR- Régions- Ministère-PRES).

Il s’agit donc de mettre en place dès la fin du deuxième cycle une information claire et détaillée, pour les étudiants de MASTER 2, qui souhaitent se lancer dans une thèse, afin de ne pas accroître le nombre de doctorants non financés. Cette information doit être à la fois menée, par les Ecoles Doctorales, les Equipes d’accueil des laboratoires, et enfin les doctorants, déjà intégrés. Ce sont effectivement, les acteurs principaux du recrutement des doctorants à l’Université.

Cela exige entre autre de clarifier les procédures de recrutement des doctorants, et de cibler des étudiants qui ont les capacités scientifiques, et personnelles pour effectuer un travail de recherche.

° le problème de la sélection des doctorants, notamment en SHS :
° transparence des procédures de recrutement
° Mise à plat des critères d’évaluation de la capacité d’un étudiant de MASTER 2 à entamer un cursus de recherche
° motivation et Justification du refus d’accepter un doctorant dans un laboratoire de recherche

-  les mécanismes de l’innovation et la définition des critères de l’excellence scientifique : améliorer la compétitivité mondiale des pôles de recherche universitaires français

° Le problème des liens entre Recherche fondamentale et Recherche appliquée :
Le problème des liens entre Universités et Grands organismes de recherche : le CNRS.
Le problème des liens entre Universités et entreprises : l’ANR un outil insuffisant.

° Le problème des disciplines considérées comme « mineures » et peu rentables d’un point de vue économique :

-  un questionnement sur les débouchés professionnels des doctorants et sur la transformation des savoirs transmis en compétences pour le marché de l’emploi.

-  la sélection et la valorisation des doctorants dans des disciplines considérées comme peu « rentables » : objectiver les critères de sélection à l’entrée du doctorat (critères scientifiques, critères de transparence)

-  le soutien financier de l’Etat pour permettre à ces disciplines de se maintenir et de ne pas décliner : l’intérêt et l’apport de ces disciplines pour les dynamiques propres à la recherche sur le long terme doit être souligné et non pas nié.

° le problème de la visibilité des pôles universitaires de recherche français au niveau international : le regroupement des universités à travers les PRES.

-  le problème de la définition des critères d’excellence scientifique : la classement de Shangai
-  le problème de la définition des conditions de faisabilité de l’innovation dans la recherche publique.
° la liberté d’action et des moyens financiers plus importants pour la recherche fondamentale publique : la garantie de l’indépendance d’action de la recherche fondamentale publique. Une recherche publique fondamentale forte et indépendante = une recherche appliquée plus innovante ! ;)
° améliorer la valorisation des innovations de la recherche publique au sein de la société : secteur privé et secteur public tout en garantissant la protection des découvertes scientifiques.

2. Une Autonomie à double sens : les visages cachés de l’autonomie

A. L’Autonomie ou le renforcement des pouvoirs de l’autorité administrative de l’Université : le problème du fonctionnement démocratique de l’Université.

B. L’Autonomie ou la mise sous tutelle des établissements publics universitaires aux ressources financières des organismes privés : implication sur les dynamiques de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche publique.

C. L’Autonomie ou le désengagement financier de l’Etat : implication sur la construction du service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche

Sur l’Enseignement supérieur :
-  le manque de moyens financiers pour la rénovation des infrastructures et les équipements et locaux des Universités, les moins dotées, et les moins compétitives.
-  le manque de moyens humains : moins de créations de postes d’enseignants chercheurs.
-  le problème de la gestion immobilière du patrimoine de l’université : une mission gestionnaire qui apparaît difficile à mener.
-  le manque de moyens financiers et humains pour le suivi et l’encadrement des étudiants dans les Universités les moins dotées, et les moins compétitives : que fait-on pour le taux d’échec en premier cycle ?

Sur la Recherche publique :
.
-  le manque de soutien financier aux petits laboratoires des Universités : le problème des locaux, et des équipements scientifiques nécessaires. L’inégalité entre laboratoires de recherche : privilégier l’expansion des laboratoires dont les moyens humains et financiers sont importants.
-  une augmentation du budget de la recherche : la première illusion d’optique construite par le gouvernement.
= Les cadeaux de l’Etat aux entreprises : Les crédits d’impôts pour les entreprises comptés sur le Budget « investissement dans la recherche ». De quelle recherche parle-t-on ?
= Le moindre investissement de l’Etat dans la recherche publique et la recherche fondamentale :
-  le CNRS : une réduction des marges de manœuvre et de l’indépendance du CNRS : quel budget pour les pôles d’excellence de la recherche publique et le développement d’une recherche fondamentale de qualité ?
-  L’ANR : l’augmentation du budget sur des projets de recherche appliqués.
Le fonctionnement par projet ANR :
une logique de court terme qui favorise la recherche appliquée au détriment de la recherche fondamentale.

= Les SHS dans la tourmente : un moindre investissement de l’Etat sur les disciplines non rentables.

4. L’Autonomie ou la réduction des marges de manœuvre de la recherche publique : implication sur les mécanismes de l’innovation dans la recherche publique

Une conception des mécanismes de l’innovation réductrice : la conception du gouvernement
Une conception des mécanismes de l’innovation plus large et plus ouverte :

3. « Politiste » en voie de disparition : la question du devenir des « disciplines mineures » des SHS dans la Loi sur l’Autonomie des Universités.

° la répartition financière du budget alloué aux dynamiques de la recherche en SHS : favoriser l’expansion des disciplines déjà dominantes

° l’opacité régnante dans les modalités de répartition des budgets entre les différentes disciplines SHS des universités : la science politique en danger ?

4. La question des procédures de recrutement des enseignants chercheurs dans la loi sur l’autonomie : ou comment améliorer la compétitivité internationale des universités françaises ?

° Le refondement des comités de sélection dans les procédures de recrutement des enseignants chercheurs au sein des Universités : la deuxième illusion d’optique construite par le gouvernement .

° L’amélioration des performances des universités françaises dans le marché mondial de l’économie du savoir et de l’innovation : garantir la qualité scientifique du recrutement

° L’amélioration de la mobilité des enseignants chercheurs : garantir la transparence des procédures de recrutement et réduire les phénomènes de localisme

° Approfondir les possibilités de mobilité entre Universités, et grands organismes de recherche.

° Approfondir les liens entre Universités et Grandes Ecoles.

5. La question des Jeunes chercheurs dans la Loi sur l’Autonomie des Universités :
un point sur la négociation CJC-ministère.

Les points positifs obtenus dans le cadre de la loi et du chantier Jeunes « chercheurs » :

° revalorisation de l’allocation recherche
° reconnaissance du statut des doctorants allocataires moniteurs comme personnels de l’université
° Le Chantier Jeunes Chercheurs : la question de l’attractivité des carrières dans la recherche, et de la valorisation du doctorat dans les conventions collectives, et au sein des organismes publics et privés.

Les points obscurs : les enjeux importants pour les « Jeunes chercheurs »

° Inégalité entre les statuts de doctorants :
-  à la recherche d’un statut identique pour tous les doctorants. Ce statut serait fondé sur la reconnaissance du travail du doctorant effectué aussi bien dans les dynamiques de l’Enseignement supérieur (monitorat), que dans les dynamiques de la recherche (thèse et projets de recherche au sein des laboratoires d’accueil). Le doctorant doit donc être considéré comme un salarié de l’Université, au même titre qu’un professeur des Université, ou qu’un maître de conférence. Il doit être considéré simplement au bas de la hiérarchie, car il est précisément en période de formation pour devenir un « Chercheur » ou un « enseignant chercheur ». En ce sens, le doctorant n’est pas un étudiant comme un autre : il est un « jeune chercheur en formation ».
-  la création d’un collège « Jeunes Chercheurs » au sein de l’université : la participation et la reconnaissance des « doctorants » comme personnels de l’université dans les conseils centraux.

° L’attractivité des carrières dans la recherche : le problème de la revalorisation de l’allocation recherche et de la contractualisation des doctorants
-  la dévalorisation du statut de doctorant, par la moindre valorisation salariale à un niveau d’étude BAC + 5
-  la question de la précarité du statut des doctorants : les doctorants non financés, ou mal financés-vers une contractualisation de tous les doctorants ?
-  le problème des doctorants non financés en SHS :
° diversifier les sources de financement : un solution qui répond en parti au problème
° augmenter le budget accordé à des disciplines non rentables d’un point de vue économique : nécessité de financements publics plus importants pour ces disciplines « peu rentables » d’un point de vue économique.

° La « professionalisation » du doctorat
-  diversification des débouchés professionnels pour les doctorants : la valorisation du doctorat en entreprise et dans les administrations publiques. C’est la question de la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives.
-  la formation et l’encadrement des doctorants : le rôle des ED et des équipes d’accueil des laboratoires peu clarifié.
-  Que veut dire « professionnaliser » le doctorat ? Une professionalisation à double sens.

La conception réductrice du gouvernement :
-  Le Doctorat considéré comme une expérience non professionnalisante.
-  Le monitorat considéré comme une expérience professionnalisante : la formation au métier d’Enseignant
-  Le « doctorant conseil » considéré comme une expérience professionnalisante : la formation au monde de l’entreprise

La conception plus ouverte de la CJC :
-  Le Doctorat considéré comme une expérience professionnalisante qu’il s’agit de mieux encadrer et d’enrichir.
-  Le Doctorat comme l’apprentissage du métier de chercheur : le doctorant se forme et se professionnalise en approfondissant et en développant les compétences qui lui seront utiles pour devenir un professionnel de la recherche.
-  Le Doctorat comme l’apprentissage du métier d’Enseignants Chercheurs : le doctorant se forme à devenir à la fois un professionnel de la recherche et un professionnel de la transmission du savoir dans l’Enseignement supérieur. Les compétences qu’il doit acquérir sont profondément différentes selon l’aspect qu’on prend en compte. Une insuffisance de l’encadrement du doctorant pour s’approprier les méthodes pédagogiques qui lui permettront de mener à bien sa mission d’Enseignants.