Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

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Salon des thèses 2007

Diffusé par l'ANCMSP le lundi 23 juin 2008 · Imprimer

Le 9 février dernier à Paris s’est tenu le 6ème salon des thèses en science politique, organisé par l’AFSP en partenariat avec l’AECSP et l’ANCMSP. Devant un public composé en majorité de jeunes chercheurs, les débats ont surtout porté sur les conditions de réalisation de la thèse et l’avenir des docteurs dans un contexte où le recrutement académique semble quelque peu bouché. L’ANCMSP fidèle à sa mission de veille et d’information est intervenue pour rappeler le scandale du travail au noir des jeunes chercheurs.

Au-delà du traditionnel bilan scientifique des thèses soutenues en 2006 dressé par les présidentes de l’AFSP et de l’AECSP (respectivement Nonna Mayer et Frédérique Matonti), le salon a été l’occasion de revenir sur les problèmes de financements et de professionnalisation des docteurs dans et en dehors du monde universitaire.
Ainsi, Suzanne Schüttemeyer, Présidente de l’Association allemande de Science politique a montré que la conduite des thèses de science politique en Allemagne pose les mêmes types de question qu’en France : durée de la thèse, nombre de doctorants par directeurs, modes de financement. Cependant, la mise en valeur des compétences des politistes auprès des institutions politiques entre autres est enviable : en Allemagne, les trois quarts des docteurs mais aussi des titulaires de Magister trouvent un emploi un an après l’obtention de leur diplôme, un cinquième d’entre-eux dans des partis, au Parlement ou dans des groupes d’intérêt. Pascal Cauchy, secrétaire général de l’ED de l’IEP de Paris a déploré que la France soit un des rares pays où le doctorat n’est pas reconnu comme un diplôme professionnel.
Revenant sur les conditions pratiques de réalisation de la thèse, notre vice-président, Joël Gombin, est intervenu sur le thème du travail au noir des jeunes chercheurs. L’analyse juridique de leurs divers statuts a permis de mettre en évidence leur caractère plus ou moins légal voire les aberrations juridiques qui les entourent (note1 : Pour plus de détails, le powerpoint de son intervention est consultable sur www.ancsmp.com). La résorption des libéralités est la responsabilité de tous : établissements, laboratoires, encadrants et doctorants. Christine Musselin quant à elle est revenue sur le statut extrêmement flou du post-doc. Nous disposons de très peu de données concernant ce dispositif encore récent. Un point positif de la situation française vis-à-vis de l’Allemagne et des Etats-Unis : on devient maître de conférence relativement jeune, autour de 34 ans. Les critères de recrutement portent tant sur le dossier scientifique que sur la personnalité, tandis que la dimension pédagogique reste difficile à apprécier.

En introduction à la 2ème table ronde sur les débouchés non académiques, Pierre Müller a fait remarquer l’absence du représentant du MEDEF. Du coté des universitaires, l’idée qu’une thèse en science politique mène à autre chose qu’à une carrière académique reste souvent inconcevable. Ceci va d’ailleurs de pair avec leur méconnaissance des débouchés hors académie. Les jeunes chercheurs, quant à eux, ont tendance à les percevoir comme un second choix, signe d’un échec. Mais alors, pourquoi faire une thèse si l’on n’envisage pas de carrière académique ? Que signifie la "formation par la recherche" ? Concernant le contenu de la thèse, faire la preuve de capacités académiques ne doit pas empêcher d’imaginer une thèse un peu moins décalée par rapport au marché du travail.
Marc Lazar, directeur de l’ED de l’IEP de Paris, est revenu sur la perception des docteurs par les employeurs. La réticence des entreprises à embaucher des docteurs s’explique selon lui par deux raisons principales : d’une part les dirigeants sont issus de grandes écoles ; d’autre part un thésard coûte cher. L’entrée de représentants des grandes entreprises dans le conseil d’ED encourage le réinvestissement des compétences académiques dans d’autres activités.
Philippe Gautier a décrit le fonctionnement des contrats CIFRE et livré les chiffres sur le devenir de ces thésards : 80% restent dans la structure ; 15% seulement rejoignent le monde académique ; quelques-uns recherchent un emploi ou sont en post-doc. Les interventions du public ont entre autres illustré l’accueil contrasté fait aux docteurs dans l’entreprise.
Enfin, lors de la troisième table ronde, Vincent Drouin, Bruno Verrier et Marc Dixneuf ont donné à partir de leur trajectoire personnelle, des témoignages sur les aller-retours possibles entre la recherche et l’entreprise.