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La thèse expliquée à vos proches : le petit Nicolas en thèse

Diffusé par l'ANCMSP le lundi 26 février 2007 · Imprimer

Tous les doctorants seront d’accord avec le fait qu’il est parfois difficile d’expliquer ce que l’on fait à ses parents/amis/proches lorsqu’on fait une thèse.

Une ressource peut résoudre tous vos soucis ! Le lien original a disparu mais le texte circule partout sur Internet, et sur notre site également, ci-dessous.

Avertissement : On nous a souvent demandé ce que nous faisions comme travail de recherche. Malgré tous nos efforts pour rester vagues et un peu compréhensibles, nos parents, nos amis répliquaient invariablement à nos explications : ’oui, oui...’ en soupirant plus ou moins, plus intrigués que jamais. Aussi nous sommes nous résignés à raconter aux masses étonnées non pas notre travail, mais ce qu’est la vie du thésard. Il semblerait que nous ayons réussi, à en croire les premières réactions.

Le petit Nicolas en thèse

Le Directeur de Thèse

Pour commencer une thèse, il faut avoir un patron. Un patron, c’est un monsieur très, très fort qui me pose un problème et qui va m’aider à le résoudre. Là, c’est mon patron photographié par Christian Mercatier-Bresson.

La Recherche

Au début, c’est tellement compliqué, on n’y comprend rien.

On peut passer des heures et des heures à chercher sans rien trouver. Dans ces moments-là, mon papa et ma maman sont drôlement inquiets et quand ma maman demande si c’était une bonne idée de faire faire une thèse au petit (c’est moi), mon papa ouvre la bouche sans parler, il agite les bras, et il s’en va lire le journal dans le salon.

La Découverte

Des fois, c’est super, parce que je découvre des trucs que mon patron m’avait demandés. Evidemment, ça peut arriver à n’importe quelle heure, et mes parents ne sont pas toujours ravis.

Ils se demandent si je ne deviens pas complètement fou, mais ma maman sait que mon papa n’aime pas qu’elle le lui dise.

Moi, je trouve ça plutôt normal d’être content. D’ailleurs, quand mon patron trouve un théorème, il est super fier et ses copains (qui sont aussi des gens très, très forts) sont super contents de lui. Mais ça mes parents, ils ne le savent pas.

Des fois aussi, ça se passe mal, parce que je me trompe. Et quand je me trompe, avec mon patron, ça ne rigole pas, mais alors pas du tout. ’Regardez-moi dans les yeux, Nicolas’, il me dit, pas content du tout. ’Vous appelez ça du travail, peut-être ?’ qu’il me demande. Eh ben, là, ça a l’air d’une question, mais il ne faut surtout pas répondre, parce que sinon, il se fâche tout rouge !

Les Séminaires

De temps en temps, un monsieur très, très important et vachement fort (mais pas aussi fort que mon patron, quand même) vient nous parler de trucs super-compliqués. ça s’appelle un séminaire, et pendant un séminaire, ça ne rigole pas non plus. Quand le monsieur a fini de parler, mon patron lui pose des tas de questions très compliquées, et il ne sait pas toujours répondre. Et là c’est pas juste, parce que lui, il ne se fait pas disputer !

La Soutenance

Quand j’aurai fini, il y aura une grande cérémonie avec plein de gens très, très forts (il y aura même d’autres patrons, c’est dire) et il y aura un vieux monsieur très, très important qui me dira que c’est très bien, mon petit, les chemins de la Recherche me sont glorieusement ouverts et je suis l’honneur de mes parents et l’orgueil de mon pays, et tout le baratin. Et après, il y aura un super goûter avec tous mes amis. Génial !

Et quand il lira tout cela dans le journal, mon papa sera très fier et ma maman sera tellement contente qu’elle me servira deux fois de la crème renversée, mon dessert préféré. C’est vraiment super, une thèse, à la fin !

La Gloire

D’ailleurs les filles, ça les impressionne drôlement de savoir qu’on a fait une thèse de mathématiques et qu’on a trouvé des tas de théorèmes compliqués et tout, et tout. Même la maman de Marie-Edwige, elle me fait des grands sourires maintenant, alors qu’elle trouvait que j’étais un petit garçon très turbulent.

Crédits

- Dessins : J.-J. Sempé
- Formules : Y. Bugeaud, M. Mignotte, F. Normandin
- Texte : G. Taviot
- Mise en page : G. Taviot, A. Maes