Congrès de l’AFSP : deux motions contre les déclassements

Motions contre les déclassements votées au congrès de l’AFSP.

Deux motions de condamnation des déclassements survenus en section 36 du CNRS ont été votées:
1) dans le cadre de l’assemblée générale de l’Association française de science politique ce mercredi 3 juillet au matin (très large majorité, 1 vote contre) ;
2) dans le cadre d’une assemblée générale des participant·e·s au congrès de l’AFSP réunie le même jour, adoptée à l’unanimité des présent·e·s (reprenant la motion votée par l’AG du 19 juin tenue à l’EHESS).


1) Communiqué sur la situation au CNRS

Les résultats du concours CNRS 2019 ont été publiés. À cette occasion, l’AFSP souhaite faire part de son inquiétude face aux déclassements réalisés en 2017, 2018 et 2019 au sein de l’InSHS et souhaite que son directeur puisse garantir, cette année comme pour les suivantes, le respect du travail de trois séries d’acteurs engagés dans ce concours de la fonction publique.

Le travail des candidats d’abord. Il convient a minima que la direction du CNRS prenne toutes les mesures nécessaires afin de restaurer la confiance des candidat·e·s dans l’égalité face au concours.

Le travail des UMR ensuite. Celles-ci accompagnent les candidat·e·s selon des procédures variées mais qui, souvent, mobilisent une partie de leurs effectifs pendant plusieurs semaines. Leur soutien aux candidat·e·s ne vaut que si le principe de l’évaluation par les pairs prévaut, dans une logique d’autonomie de la science. Là également, il convient que la direction du CNRS prenne les mesures indispensables pour rétablir la confiance des laboratoires envers le concours et la primauté du jugement des pairs.

Le travail des sections du Comité national enfin. Le jury d’admissibilité, composé de pairs de la discipline couverte par chaque section, examine et classe les candidatures à partir des dossiers transmis et des auditions organisées. Les déclassements inhabituels survenus en 2017, 2018 et 2019 soulignent le poids du jury d’admission en capacité de changer la proposition formulée par le jury d’admissibilité sans avoir à le justifier. Il est essentiel que le CNRS dans son ensemble, et le directeur de l’InSHS en particulier, clarifie publiquement le statut et le rôle de ce jury d’admission. La légitimité des jurys d’admissibilité que sont les sections doit être réaffirmée. Les décisions des jurys d’admission doivent pouvoir être justifiées en substance.

Une solution de réparation doit être trouvée pour les victimes du déclassement.

Adopté par l’Assemblée générale de l’Association le 3 juillet 2019

2) En finir avec l’arbitraire, le sous-emploi et les discriminations au CNRS et à l’université

L’acharnement contre Akim Oualhaci en section 36 cette année, tout comme celui contre Mathieu Grossetête les deux années précédentes, ou encore les déclassements depuis trois ans en sections 35, 37, 39, 53, sont l’expression emblématique de l’autoritarisme gestionnaire et du mépris de l’autonomie scientifique qui fondent la politique de recrutement de l’Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS. Ces pratiques inacceptables touchent également d’autres instituts du CNRS (notamment à l’INC (Chimie), en section 14).

Dans la section 36, l’évaluation démocratique des projets de recherches (plus que des seuls CV) par des spécialistes de la discipline, a été bafouée une fois de plus. Elle fait place à des pratiques arbitraires et brutales, jamais publiquement justifiées, et qui ressemblent à s’y méprendre à des pratiques discriminatoires.

Voilà donc le vrai visage de la « politique d’excellence » vantée par le PDG du CNRS (Antoine Petit) : une attaque frontale et conjointe contre l’autonomie des disciplines et contre l’évaluation démocratique des dossiers des candidat.e.s. La mise en avant de cette prétendue « excellence » va de pair avec une diminution drastique du nombre de postes mis au concours et une précarisation catastrophique dans l’enseignement supérieur et la recherche. En 10 ans, les effectifs d’ITA et chercheur.e.s du CNRS ont diminué de plus de 1000 postes !

Nous, précaires et statutaires du CNRS et de l’enseignement supérieur réuni.e.s en assemblée générale, exigeons que justice soit faite en accordant un poste à Akim Oualhaci, déclassé à trois reprises successives – un fait inédit depuis la création du concours de chargé.e de recherche au CNRS – et plus largement à l’ensemble des déclassé.e.s au concours de chargé.e.s de recherche, victimes des ingérences répétées de la direction dans les classements des concours depuis trois ans.

Nous rappelons qu’une autre politique de l’emploi scientifique est possible et nécessaire. Et que seule la restitution des postes supprimés depuis 10 ans et la création massive de postes dans l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche fera taire notre légitime colère.

Nous appelons dès à présent toute la communauté scientifique, précaires et titulaires de l’Université et du CNRS de toutes les sections à :

  • signer la lettre des Directeurs.trices d’Unité dans les jours qui viennent ;
  • organiser localement des AG sur les lieux de travail pour amplifier la mobilisation et développer des moyens d’action (grève, boycott du travail administratif, refus des vacations par les chercheur.e.s du CNRS, etc.) ;
  • relayer les informations sur la mobilisation dans l’espace public, notamment sur les réseaux sociaux ;
  • nous rassembler le 4 juillet 2019 pour la C3N du CNRS à l’Université Paris Descartes, afin de montrer massivement notre présence face à la Direction et aux médias et de porter nos revendications : RDV à 8h15 au 45 rue des Saints Pères (Métro Saint-Germain-des-Prés).

Adoptée à l’unanimité des présent.es